
Après avoir tourné pendant deux ans un peu partout dans l’Hexagone, c’est à l’Opéra-Théâtre du Grand Avignon que cette production de La Voix humaine, signée Vincent Vittoz, vient de finir sa course. Pour interpréter le rôle de la femme abandonnée, rien moins que l’arrière-petite fille du compositeur, la magnifique mezzo française Stéphanie d’Oustrac.

Alors que la morosité semble s’appesantir sur la France, il est bon de pouvoir assister à un spectacle aussi réjouissant que le Don Pasquale donné ces derniers jours au Théâtre du Capitole de Toulouse.

Après les hilarantes Aventures du Roi Pausole au Grand-Théâtre de Genève cet hiver, la maison voisine de Lausanne proposait ces jours-ci un autre titre du compositeur suisse Arthur Honegger, L’Aiglon. L’ouvrage a bénéficié de l’excellente mise en scène que le duo Patrice Caurier/Moshe Leiser avait signée à Marseille en 2005, reprise et corrigée à Lausanne par Renée Auphan, qui dirigeait alors le théâtre phocéen (2002-2008), après avoir assuré la direction de l’Opéra de Lausanne, de 1983 à 1995.

Etrennée en octobre 2010 au Houston Grand Opera, cette production de Madama Butterfly, signée par le britannique Michael Garandage (reprise à Genève par Louise Müller), n’a guère soulevé l’enthousiasme, en premier lieu à cause de sa plate « littéralité », mais aussi d’un rôle-titre défaillant.

Cinquante ans que l’unique opéra de Saint-Saëns n’avait plus été donné sur la scène du Teatro dell’Opera. Pour fêter l‘évènement, la direction du théâtre romain a invité deux des meilleurs titulaires des rôles-titres (Olga Borodina et Aleksandrs Antonenko), un chef émérite dans ce répertoire (Charles Dutoit) et le trublion de la scène catalane (et internationale) Carlus Padrissa, cofondateur de la fameuse compagnie « La Fura dels Baus ».
En Coproduction avec l’Opéra de Dijon, où l’ouvrage a d’abord été monté (en février), l’Opéra de Lille mettait à l’affiche le rarissime Actéon, opéra de chasse en un acte de Marc-Antoine Charpentier. Le compositeur français est ainsi particulièrement à l’honneur cette saison dans la capitale du Nord, puisque son opéra le plus célèbre, Médée, y a été donné en novembre dernier.

Quatorze ans après la dernière représentation du Ring (signé à l’époque par le tandem Caurier/Leiser et dirigé par le regretté Armin Jordan), Tobias Richter, directeur général de l’institution genevoise, a le courage d’en monter une nouvelle production, étalée sur deux ans (dont deux cycles complets en mai 2014). Le maître d’œuvre s’appelle cette fois Dieter Dorn (âgé de 77 ans), tandis que la direction musicale est confiée au chef Ingo Metzmacher, dont les affinités avec les œuvres de Wagner sont (re)connues.

En coproduction avec pas moins de trois autres théâtres prestigieux (le Covent Garden de Londres, le Liceu de Barcelone et le Lyric Opera de Chicago), La Scala de Milan affichait tout dernièrement le premier grand succès de Verdi : Nabucco. Si la distribution vocale nous a enthousiasmé, on sera plus nuancé sur la proposition scénique.

Un petit mot pour commencer sur la nouvelle salle dont s’est dotée Lille, bienheureusement appelée « Nouveau Siècle ».
Il s’agit d’une rénovation, travail encore plus complexe qu’une création ex nihilo : rénovation de la salle bien sûr mais aussi des locaux annexes. Des éléments en cours d’achèvement, extérieurs à la salle proprement dite, amusent plus qu’ils n’inquiètent quand on pénètre dans l’arène. Le gain qui nous intéresse ici est évidemment acoustique. On est passé de l’ovalité à la perpendicularité qui permet d’une part aux musiciens d’avoir désormais un retour de son inexistant auparavant, assurant l’écoute de ce qu’ils jouent ; d’autre part aux spectateurs de tout entendre très clairement, parfois aux dépens de la musique elle-même comme nous allons l’expliquer. Les dix-huit mois de fermeture n’auront pas été vains : le résultat est à la mesure de l’ambition pour une ville qui se donne des moyens culturels dans un contexte difficile. L’élargissement du répertoire de l’orchestre en est également la continuité artistique. On pourra sans conteste comparer le Nouveau Siècle avec l’Auditorium dijonnais dont il est le petit frère à bien des égards.

Créé à la comédie de Valence en novembre dernier, le rare Der Kaiser von Atlantis de Viktor Ullmann était donné ces jours derniers, pour cinq représentations, au Théâtre de la Croix-Rousse à Lyon, dans une mise en scène de Richard Brunel, directeur du voisin Centre Dramatique National de Drôme-Ardèche.








