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enfant, de Boris Charmatz, au Théâtre de la Ville

lundi 17 octobre 2011 par Hermine Ferrand
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© Boris Brussey

Boris Charmatz présente sa dernière création [1] au Théâtre de la Ville : un spectacle intitulé enfant (sans majuscule, s’il vous plaît). Derrière ce titre se cache une étude sur l’inertie des corps qui sont ici manipulés par des machines, par les hommes et par les enfants. Si l’idée de départ n’est pas inintéressante, force est de constater que l’inspiration du chorégraphe s’assèche très vite, et plonge le spectateur dans un ennui que ni l’arrivée de la bande-son, ni celle des enfants, beaucoup trop tardives, ne viennent sauver.

Boris Charmatz a expliqué dans un entretien avec Gilles Amalvi (reproduit dans la brochure du théâtre) que l’inertie « recouvre un large réseau de significations ». Curieux de voir illustré ce propos, le spectateur sera tout d’abord confronté à un ballet entre une sorte de grue, un tapis roulant et trois danseurs. Insolite, amusant au début (quelques spectateurs rient) en dépit de quelques difficultés techniques (les danseurs sont moins malléables que de véritables objets), le procédé tourne court cependant. En effet, le chorégraphe aurait voulu que l’on s’interroge sur l’origine du mouvement créé, mais le problème est qu’on ne peut pas parler de mouvement quand un corps inerte est déplacé dans l’espace. Et pour cause : ces corps levés et suspendus n’évoquent rien d’autre que des cadavres. Ce manège dure une demi-heure, soit la moitié du spectacle.

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© Boris Brussey

Les fameux enfants du titre, ainsi qu’une bande-son, n’arrivent qu’après. Malheureusement, ils ont beau être désormais des dizaines sur scène, leur venue ne renouvelle en rien le spectacle pour un auditoire terrassé par l’ennui. Enfants comme adultes sont manipulés de la même façon, dans un grand bazar duquel personne n’émerge ; par conséquent, on ne comprend pas bien ce qu’apporte l’arrivée des petits. A un détail près : à l’ambiance morbide s’ajoutent des images malsaines entre adultes et enfants, aux relents de pédophilie. Il semble malheureusement qu’on n’en ait pas encore fini avec les spectacles dont la provocation est le seul propos.

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© Boris Brussey

Face au rejet que suscite ce spectacle, on peut à juste titre s’interroger sur les réelles intentions du chorégraphe : il est en effet impossible d’ignorer le résultat morbide et malsain du projet, alors, pourquoi Boris Charmatz explique-t-il son oeuvre en parlant de travail sur l’immobilité ? Par malhonnêteté ? En conclusion, un spectacle à réserver aux élus touchés par la lumière, qui y trouveront peut-être matière à réflexion.

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- Paris
- Théâtre de la Ville
- 12 octobre 2011
- enfant
- Boris Charmatz, chorégraphie
- Eleanor Bauer, Nuno Bizarro, Boris Charmatz, Olga Dukhovnaya, Julien Gallée-Ferré, Lénio Kaklea, Maud Le Pladec, Thierry Micouin, Mani A. Mungai et les enfants : Tikal Contant Ricard, Sasha Goasduff Langlois, Salomé Lebreton, Louane Mogis, Lou Andréa Paulet, Emma Perreau, Raphaëlle Piechaczyk, Perle Béchu-Quaiser, Rémi Cazoulat, Abel Charmatz, Marguerite Chassé, Noé Couderc, Cédric Lamotte-Lenoir, Youenn Louédec, Eliott Bourseau, Hypolite Tanguy, Mathieu Guidoni, interprétation
- Yves Godin, lumières
- Olivier Renouf, son

[1] Ce spectacle a été créé au festival d’Avignon cet été











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