Festival de Saintes 2009, le 14 juillet

mercredi 22 juillet 2009 par Benoît Donnet
JPEG - 10.7 ko
Andreas Spering
DR

Pour la première fois, les concerts de midi du Festival de Saintes où sont exécutées des oeuvres chorales ne sont pas tout entier consacrés à la musique de Bach : celui d’aujourd’hui proposait certes une des premières cantates composées par le Cantor, mais aux côtés d’un Anthem de Haendel à l’esthétique différente mais au charme indéniable.

Tous les Chandos Anthems furent composés par Haendel alors qu’il résidait en Angleterre chez le duc de Chandos, pour petit orchestre, soprano, ténor, basse et choeurs mixtes (il semblerait que l’absence d’alto soliste ne fasse que répondre aux goûts du duc en la matière). Plus légères que des cantates, brèves et généralement ramassées, ces pièces sont constituées par une alternance classique d’airs pour voix soliste et de choeurs plus majestueux ; sans grandiloquence, mais avec l’éclat qu’on lui connait habituellement, Haendel déploie une écriture raffinée et généralement intimiste, qui n’exclut ni le lyrisme ni la complexité contrapuntique. Le sixième Anthem exécuté aujourd’hui tire ses paroles du psaume 42 et se compose d’une ouverture-sonate à l’italienne, de deux airs, d’un duo et de deux choeurs. Les voix de soprano et de ténor ont tour à tour, puis ensemble, la vedette, et l’oeuvre se conclut sur un choeur brillant.

La cantate BWV 20, composée en 1724, est l’une des premières de Bach mais son ampleur, ses dimensions et pour ainsi dire son ambition en font une oeuvre de haute volée. Bach est fidèle à lui-même, et offre une musique riche harmoniquement, pleine de sinuosités, et néanmoins émouvante - le choeur final, qui reprend, deux derniers vers exceptés, les mots introductifs transfigurés, suffit à en attester. Le quatuor soliste qui a chanté aujourd’hui est parfois renouvelé par rapport aux concerts précédents : si la soprano Blazikova et le contre-ténor Damien Guillon, dont on a déjà souligné le talent respectif dans les revues précédentes, sont restés, Hans Jörg Mammel et Peter Kooij font en revanche leur apparition. Mammel est d’ailleurs mis à l’honneur dans l’Anthem de Haendel, à l’écriture vocale brillante, où il s’illustre très notablement par un timbre héroïque, une diction très claire et un engagement remarquable. Dans la cantate, le quatuor se montre également excellent, malgré le caractère plus exigeant de la partition.

S’il n’y a guère à reprocher aux choeurs, justes et très en place, nous émettrons en revanche quelques très menues réserves sur une direction à notre avis un peu sèche et carrée, efficace mais très germanique, peut-être un peu trop. L’orchestre pâtit d’une certaine raideur, qui n’entache pas toutefois la qualité technique et même artistique de sa prestation. Un beau concert qui inaugure une série d’autres duos Bach/Haendel.

Damien Guillon sera présent au douzième festival Musique et nature en Bauges qui se déroulera du 17 juillet au 22 août 2010.

- Saintes
- Abbaye aux Dames
- 14 juillet 2009, 12h30
- Johann Sebastian Bach (1685-1750), Cantate BWV 20 „O Ewigkeit, du Donnerwort"
- Georg Friederich Haendel (1685-1759), Chandos Anthem n°6 HWV 251b "As pants the hart for cooling streams"
- Hana Blazikova, soprano
- Damien Guillon, contre-ténor
- Hans Jörg Mammel, ténor
- Peter Kooij, baryton
- Collegium Vocale Gent
- Andreas Spering, direction




Accueil du site | Contact | Plan du site | | Statistiques | visites : 297726

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Musique vocale et chorale   ?    |    Les sites syndiqués OPML   ?

Site réalisé avec SPIP 2.0.10 + AHUNTSIC

Creative Commons License