ClassiqueInfo.com




Zhong Xu, pianiste et chef

mercredi 30 janvier 2008 par Richard Letawe
JPEG - 5.2 ko
Zhong Xu
DR

Le public était encore présent en nombre au rendez-vous de ce soir à Lille pour un concert mettant les musiciens chinois à l’honneur, soliste et chef provenant de ce pays où l’ONL était parti en tournée la saison dernière.

Le programme débute par le concerto pour violoncelle d’Elgar, dont la partie soliste est jouée par Jian Wang. Les interprètes donnent de ce concerto parfois emphatique une version tout à fait sobre, légère et subtile, qui n’omet pas le caractère sentimental de l’œuvre, mais ne force pas le trait. Jian Wang, maître technicien, fait voler son archet sur les cordes, sans les écraser, et son jeu sensible et nuancé, à la sonorité petite mais brillante, s’accorde à merveille avec l’accompagnement bienveillant d’un orchestre aux sonorités raffinées, mené avec douceur et fermeté par Zhong Xu.

JPEG - 7.9 ko
Jian Wang
DR

Après ce sommet post-romantique, le classicisme de Haydn vient un peu comme un cheveu dans la soupe, d’autant plus que Zhong Xu, qui dirige son concerto pour piano n°11 du clavier, ne se montre pas à son avantage comme pianiste. Ses doigts sont gourds, les traits manquent de netteté, et les dérapages sont fréquents, en particulier dans l’ébouriffant finale. L’orchestre, en formation réduite, est assez raide, et manque de finesse et de poésie. En bis, un intermezzo de Brahms permet enfin à Zhong Xu de montrer ses qualités pianistiques : un toucher fin et délicat, un contrôle très minutieux du son, et un goût très sûr pour les phrasés, simples et tendres.

La Symphonie n°8 de Dvorak termine en beauté ce programme. La direction de Zhong Xu est un modèle d’équilibre, de contrôle et de transparence. L’orchestre vit et s’épanouit, ressemblant à une haie de bocage, sous ces bras qui semblent sculpter le son, et maintiennent toujours une lisibilité parfaite, faisant entendre une foule de détails.
Après une introduction pleine de nuances, le premier mouvement est mené avec beaucoup de caractère, le chef marquant à bon escient les contrastes entre des épisodes en mode majeur rustiques et ensoleillés, et des épisodes en mode mineur impétueux et tranchants. La suite est tout aussi admirable que ce premier mouvement lumineux : l’Adagio est puissant et soyeux, éclairé par des bois d’une précision remarquable, l’Allegretto est phrasé avec élégance, et le finale, mené tambour battant, emporte tout sur son passage.

Très engagé, l’ONL donne une prestation splendide de cohésion et d’élégance. Citer tous les pupitres serait trop long, nous nous contenterons donc de souligner la classe, l’esprit et la finesse de la formidable flûtiste Chrystel Delaval.

Lecteurs, artistes, éditeurs, organisateurs de concerts, notre article vous a intéressé ?
Vous désirez lâ€â„¢insérer dans votre revue de presse ?

"Nous serons ravis de le voir mentionné sur votre site internet. Vous pouvez, sans autorisation préalable de notre part, en extraire de courtes citations, à la condition expresse quâ€â„¢un lien *fonctionnel* soit fait vers notre site.

En cas de citation sur un support papier, les noms de lâ€â„¢auteur et de notre site doivent être obligatoirement mentionnés.

Pour toute précision, nâ€â„¢hésitez pas à contacter notre rédaction : richard.letawe(at)classiqueinfo.com"

- Lille
- Nouveau Siècle
- 17 janvier 2008
- Edward Elgar (1857-1934), Concerto pour violoncelle en mi mineur Op.85 ; Joseph Haydn (1732-1809), Concerto pour piano n°11 en Ré majeur ; Antonin Dvorak (1841-1904), Symphonie n°8 en Sol majeur Op.88
- Jian Wang, violoncelle
- Orchestre National de Lille
- Zhong Xu, direction et piano






Accueil | Contact | Plan du site | | icone statistiques visites | info visites 822846

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Musique symphonique   ?    |    titre sites syndiques OPML   ?

Site réalisé avec SPIP 3.0.16 + AHUNTSIC

Creative Commons License