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Week-end de clôture du Festival Berlioz

dimanche 23 septembre 2012 par Emmanuel Andrieu


Grand-messe des berlioziens, le festival de la Côte Saint-André - placé cette année sous le signe de l’Italie - est l’un des plus anciens du pays puisqu’il a vu le jour dès 1870, un an seulement après la mort du divin compositeur. Deux de ses chef-d’œuvre refermaient la cuvée 2012 : Roméo et Juliette le samedi et son Requiem le dimanche.

Transi par un froid polaire dans la cour du château Louis XI, alors même que la canicule sévissait trois jours plus tôt, c’est par bonheur sans entracte que l’Orchestre Européen Hector Berlioz - composé de musiciens issus des conservatoires de toute l’Europe - joue la symphonie dramatique, avec le chef François-Xavier Roth à sa tête, un habitué des lieux. Comme cela est l’usage ici, les volontés du compositeur sont respectées à la lettre, et les solistes - ainsi que les chœurs - sont disposés devant l’orchestre. Les instruments d’époque ne peuvent éviter quelques imprécisions et verdeurs ça et là, mais on y gagne en couleurs et en saveurs, un vrai régal, d‘autant que la prestation de l‘orchestre gagne en cohérence tout au long de la soirée. On reste galvanisé par la puissance dramatique que sait impulser à ses jeunes recrues le chef français, à qui les défis de ce genre ne font pas froid aux yeux. Isabelle Druet nous séduit par sa présence et son phrasé soigné. Nettement plus vigoureux, Jean-François Borras nous rappelle avec sa vaillance - malgré sa brève prestation - qu’il est l’une des valeurs montantes de la jeune génération tandis que Nicolas Cavallier convainc sans réserve dans une partie qu’il connaît sur le bout des doigts, l’ayant plus d’une fois pratiquée (et chantant ainsi sans partition). Réunissant les membres du Chœur Britten-Jeune Chœur Symphonique, préparés par Nicole Corti, les forces chorales montrent dans leurs interventions ce sens de la grandeur qui fait chavirer les âmes - et pas seulement celles des berlioziens. Soulignons enfin que tous font preuve d’une diction exemplaire, maillon non négligeable de cette magnifique soirée.

Et c’est un autre triomphe - amplement mérité - qui accueille l’interprétation du Requiem le lendemain. S’il ne fait guère plus chaud dans l’arène, la performance de l’Orchestre National de Lyon nous irradie de sa ferveur. Les effectifs requis sont à la démesure des intentions du compositeur, là encore scrupuleusement suivies - comme le rappelle Bruno Messina, directeur du festival, dans son avant-propos introductif au concert. Surgissant derrière l’une des fenêtres à meneaux du château, Steve Davislim démontre un remarquable engagement dans le fameux Sanctus. Mais le clou de la soirée est dans nul doute le Tuba Mirum : disposés aux quatres coins du public, les cuivres surpuissants assurent un effet stéréophonique littéralement saisissant. Berlioz raconte dans ses Mémoires que lors de la création de l’ouvrage en 1837, l’archevêque de Paris avait fondu en larmes sous le choc de cette évocation terrifiante de l’apocalypse. Pour nous, le Jugement Dernier n’était pas loin non plus. Trois chœurs réunis (le Choral Arts Society de Washington, le Philharmonia Chorus de Londres et les Chœurs de Lyon-Bernard Têtu) et donc plus de deux cents chanteurs : là encore l’effet est grandiose, et miracle, ne sombre jamais dans la lourdeur, avec un travail linguistique par ailleurs particulièrement attentif. Enfin, grâce soit rendue à la battue vigilante de Leonard Slatkin, puissante et équilibrée à la fois, ainsi qu’à un Orchestre National de Lyon dans une forme éblouissante. Preuve s’il en est que, sous la férule de leur nouveau directeur musical, cette magnifique phalange reprend les sentiers de la gloire.

Vivement l’édition 2013 qui sera en partie consacrée aux rapports et influences qui existaient entre Berlioz et Richard Wagner !

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- La Côte Saint André
- Cour du château Louis XI
- 1er septembre 2012
- Hector Berlioz (1803-1869), Roméo et Juliette, Symphonie dramatique d’après la tragédie de Shakespeare.
- Isabelle Druet, Juliette ; Jean-François Borras, Roméo ; Nicolas Cavallier, Frère Laurent.
- Chœur Britten - Jeune Chœur Symphonique
- Orchestre Européen Hector Berlioz
- François-Xavier Roth, direction

- 02 septembre 2012
- Hector Berlioz, Requiem.
- Steve Davislim, ténor.
- Choral arts Society of Washington, Philharmonia Chorus, Chœurs et Solistes de Lyon-Bernard Têtu
- Orchestre National de Lyon
- Leonard Slatkin, direction






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