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Voix intimes 2011-2012 : le Quatuor Tana

vendredi 17 février 2012 par Richard Letawe
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Quatuor Tana
© Sébastien Walnier

Le festival Voix intimes de Tournai invitait ce dimanche le Quatuor Tana, jeune formation bruxelloise qui bénéficie du soutien de l’ensemble Musiques Nouvelles de Mons.

Spécialisés dans le répertoire contemporain auquel ils consacrent l’essentiel de leur carrière, les Tana sont également à la pointe de la modernité en ce qui concerne la technique, ayant remisé les anciennes partitions en papier pour des tablettes tactiles, dont les musiciens tournent les pages avec une commande située à leurs pieds, comme s’ils se servaient d’une machine à coudre. Le nouvel outil semble très commode, reste à ne pas oublier de recharger les batteries…

A la place du Quatuor KV575 de Mozart initialement prévu, les Tana ont décidé de jouer une œuvre contemporaine, le Quatuor n°2 du compositeur tchèque Ondrej Adamek. Inspiré du flamenco dont il reprend une partie des caractéristiques- les musiciens tapent du pied, utilisent leur instrument comme une guitare, frappent violemment sur le chevalet avec un archet en carbone, ce quatuor guère désagréable à l’oreille, manque tout de même sérieusement d’intérêt, malgré la passion et la fierté très andalouses que mettent les Tana à son exécution. On a ainsi l’impression d’entendre une succession de clichés mis là pour donner un peu de piment à une partition qui manque de saveur, et qui, pour une œuvre se réclamant du flamenco, montre bien peu de rythme et de substance chorégraphique.

Beethoven est le thème du festival, qui fête ses dix ans cette année, chaque formation invitée jouant un de ses derniers quatuors, heureuse initiative, car s’il n’est pas rare, sur une saison moyenne de concerts, d’entendre l’intégralité de l’Opus 18, les dernières œuvre du maître dans le genre sont beaucoup moins fréquemment jouées. Les Tana ont hérité du Quatuor Op.130, dans sa version finale, sans la Grande Fugue qui avait été jouée par le Quatuor Voce lors d’un précédent rendez-vous du festival.

Autant le Quatuor Tana aura semblé à l’aise dans le répertoire contemporain, autant il aura semblé perdu, pataugeant presque du début à la fin dans cette œuvre il est vrai extrêmement difficile, qui excède ses possibilités actuelles. Les quatre premiers mouvements de cette laborieuse interprétation sont à oublier : cohésion faible, phrasés raides et sans nuances, justesse aléatoire, polyphonie brouillonne, dérapages du premier violon qui semble en pleine bataille avec son instrument, rien n’est à sauver, sinon la belle musicalité de Chikako Hosoda au second violon, qui semble la seule à avoir la conscience du style requis dans ce répertoire, et tente de faire entendre un son un peu moins rude que celui de ses collègues. Les Tana retrouvent une partie de leurs esprits dans la Cavatine, où le jeu du premier violon est plus solide, et où les phrasés se font plus sobres, moins mécaniques qu’auparavant. Ils sont également globalement à la hauteur des enjeux du mouvement final, de tout façon un peu anecdotique par rapport à la Grande Fugue, qu’ils jouent avec une certaine énergie, et sans accroc trop audible.

Jusque là fort décevant, le bilan de ce concert reprend meilleure figure avec la dernière œuvre du programme, le Quatuor n°2 de Philippe Boesmans. Composé en 1994, ce quatuor est constitué de 7 parties intitulées Dream 1 à 7, qui traduisent chacune les rêveries estivales de leur auteur qui était à l’époque en vacances et qui envisage cette composition comme un amusant devoir d’été. Nécessitant légèreté et luminosité, cette délicate partition tombe parfaitement dans les cordes des Tana, dont la technicité raffinée, la précision des attaques et la transparence des sonorités sont au service d’une lecture tout en finesse et en profondeur.

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- Tournai
- Conservatoire
- 22 janvier 2012
- Ondrej Adamek (né en 1979), Quatuor à cordes n°2
- Ludwig Van Beethoven (1770-1827), Quatuor n°13 en Si bémol majeur Op.130
- Philippe Boesmans (né en 1936), Quatuor n°2 Summer Dreams
- Quatuor Tana : Antoine Maionhaute, Chikako Hosoda, violon ; Maxime Désert, alto ; Jeanne Maisonhaute, violoncelle






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