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Vladimir Jurowski et le LPO à Mérignac

jeudi 7 février 2008 par Sébastien Dupuis

Le concert du London Philharmonic Orchestra de ce mardi était sans doute un des évènements les plus importants, en terme de qualité musicale, de la région Bordelaise pour cette saison.

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Vladimir Jurowski
©Roman Gontcharov

Le magnifique cadre du Pin Galant y a largement contribué, car cette salle de concert est non seulement très luxueuse, mais elle possède aussi des qualités de projection acoustique de la plus haute perfection.

La première œuvre, Evening Songs (1998), vient du compositeur actuellement en résidence auprès du LPO, Mark-Anthony Turnage. Cette œuvre est une commande de la NDR de Hambourg et de son chef Christoph Eschenbach. L’Orchestre Philharmonique de Londres en a fait une œuvre intéressante en rendant à la perfection tous les effets de timbres combinés, de couleurs différentes et de dynamiques extrêmes. C’est une pièce aux accords dissonants progressant lentement, souvent aux cordes, mélangés avec des accords aux cuivres qui se glissent dans la masse sonore tels de lentes couches de lave les unes au dessus des autres.

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Christian Tetzlaff
©alexandra-vosding.de

Le violoniste Christian Tetzlaff était très en forme ce soir. Son concerto de Brahms est assez rapide et fougueux, peut être même un peu trop, car l’énergie qu’y met le violoniste se fait souvent au détriment de la justesse. Mais il réussit quand même à communiquer son enthousiasme au public, qui n’en demandait pas moins, et qui lui fait un triomphe en lui demandant un bis par des applaudissements cadencés. Le bis est le quatrième mouvement de la 3e sonate pour violon seul de Bach, qu’il joue avec la même fougue que Brahms. Tetzlaff a l’air tout à fait à l’aise dans cet Allegro Assai qu’il a pris trois vitesses plus haut, tout en restant maître de son archet.

Mais le clou de la soirée fut la Symphonie Pathétique de Tchaikovsky, jouée par un orchestre au sommet de ses capacités et dirigé par un chef des plus impressionnants par sa gestique ultra précise et novatrice. Vladimir Jurowski qui apparait tout mince et ne paye pas de mine au premier abord, nous est apparu dans cette symphonie comme un géant tenant l’orchestre dans ses deux longues mains. Le célèbre troisième mouvement (scherzo) était véritablement une prouesse de précision et de concertation entre pupitres, qui pas une seule fois n’ont failli ou ont fait tomber cette tension électrique jusqu’à la fin du mouvement qui est passé comme un seul souffle sur un public cloué à terre. C’était plus qu’impressionnant, c’était, on peut le dire, de la musique jouée par des dieux.

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- Merignac
- Le Pin Galant
- 5 février 2008, 20H30
- Mark Anthony Turnage (1960), Evening Songs ; Johannes Brahms (1833-1896), Concerto pour violon en Ré majeur Op.77 ; Piotr Ilitch Tchaïkovski, Symphonie n°6 en si mineur Op.74.
- Christian Tetzlaff, violon
- London Philharmonic Orchestra
- Vladimir Jurowski, direction






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