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Vivaldi par Jean Michel Fumas et le Lachrimae Consort

mercredi 16 juillet 2008 par Richard Letawe
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Jean-Michel Fumas
DR

Journée baroque ce 15 juillet à Saint Riquier, avec en début de soirée dans le chœur de l’abbatiale un programme d’oeuvres sacrées de Vivaldi, comprenant l’ inévitable Stabat Mater et le Nisi Dominus.

Pour l’interpréter, le Lachrimae Consort de Philippe Foulon, qui a la particularité d’utiliser pour la plupart des instruments « all’inglese » ou « d’amour », ce qui veut dire qu’ils possèdent des cordes cachées, qui vont vibrer par sympathie avec celles qui sont au contact de l’archet, et enrichir ainsi les harmoniques de la note jouée.

Pour commencer, Philippe Foulon joue un concerto pour violoncelle, cordes et basse continue [1]. Fuyant toute démonstrativité, le jeu du Lachrimae Consort est plutôt austère, et un peu froid, produisant peu de couleurs, mais une lumière douce et pâle. Ce jeu n’est pas désagréable, et il n’est pas nécessaire d’être extravagant pour convaincre dans Vivaldi, mais des articulations un peu plus vives, un ton moins compassé n’auraient pas déplu.

Le contre-ténor Jean-Michel Fumas s’intègre parfaitement à cette vision très intérieure de Vivaldi dans le Stabat Mater. Son timbre est un peu blanc, son chant est résolument legato, et sa voix à l’émission pure semble faite pour résonner sous les voûtes des cathédrales. Malgré cette céleste beauté, on s’ennuie cependant un peu, car ce chant désincarné manque de passion humaine. [2]. Le programme continue avec un concerto pour lutino, très anecdotique, les possibilités expressives, et sonores, de l’instrument étant des plus limitées.

Pour terminer, il y eut heureusement le Nisi Dominus, qui évolua un très net cran au dessus du reste du concert. Plus variée, l’œuvre obligea les interprètes à sortir de leur confort, et Jean-Michel Fumas à ouvrir son cœur. Toujours aussi plastique, assez réservé encore, son chant se fit néanmoins plus expressif, plus vibrant, plus intense. On apprécie alors pleinement la qualité du médium du chanteur, son impeccable tenue, sa justesse sans faille, et on prend enfin conscience de la plus-value apportée par les instruments « all’inglese », au son formant un très beau halo.

Le bilan de ce concert est donc mitigé, essentiellement à cause de sa première moitié, ce qui ne doit pas faire oublier la belle tenue de l’ensemble, et le fait que le Nisi Dominus final était de haute qualité.

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- Saint Riquier
- Abbatiale
- 15 juillet 2008
- Antonio Vivaldi (1678-1741), Stabat Mater RV621 ; Nisi Dominus RV608.
- Jean-Michel Fumas, contre-ténor
- Lachrimae Consort
- Philippe Foulon, violoncelle et direction

[1que nous n’avons pas encore réussi à identifier

[2Dans la même œuvre à Senlis il y a peu, Gérard Lesne, pourtant beaucoup moins frais vocalement, donnait un tout autre relief dramatique au texte.






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