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Violons de la Paix : Viktoria Mullova affronte le froid

lundi 24 mai 2010 par Richard Letawe
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Viktoria Mullova
DR

Au sein de la programmation riche et variée des Violons de la Paix, un concert faisait clairement figure de tête d’affiche, c’était celui de Viktoria Mullova, venue jouer la Sonate n°1 et les Partitas n°2 et 3 pour violon seul de Bach.

Malheureusement, les conditions de ce concert furent loin d’être idéales. Bloquées par les annulations de vols, Viktoria Mullova dut rallier Boulogne-sur-Mer vaille que vaille, arrivant très peu de temps avant le concert, et repartant presque aussitôt après pour tenter de rejoindre Gênes. Ensuite, il faisait dans la Cathédrale Sainte-Marie de Boulogne, malgré le très beau temps qui avait régné durant tout le week end, un vrai froid de canard. Alors que les auditeurs grelottaient, leur respiration formant un halo givré, la violoniste devait laisser sa robe d’apparat de côté, et jouer en simple jeans et pull-over.

Il est difficile pour un auditoire d’apprécier la musique quand il lutte contre le froid et l’engourdissement, mais il est encore plus difficile pour un musicien de fournir une prestation de haut niveau avec les doigts gourds et un instrument qui se désaccorde beaucoup plus brutalement que dans des conditions normales. Luttant contre l’environnement, Viktoria Mullova n’a donc pas pu exprimer tout ce dont elle est capable, elle qui a récemment donné de ces oeuvres un enregistrement appelé à rester une des versions les plus marquantes de la discographie. Il serait donc injuste de détailler dans cette critique les moments délicats de ce concert. Cependant, dans la Partita n°3, la violoniste, mieux chauffée et commençant à maîtriser son environnement, a pu enfin proposer loyalement sa vision. Alors, on a pu entendre une version d’une hauteur de vue exceptionnelle, dans laquelle elle a pu faire valoir sa classe instrumentale sans pareille, la douceur de sa sonorité, et une inspiration de toute beauté. Viktoria Mullova lit cette partita avec un regard neuf, lui restituant son caractère dansant d’un geste souple, vif et subtil, qui apparaît toujours instinctif. La clarté de la polyphonie est admirable, de même que la précision d’articulation, la variété des phrasés et la conduite du discours, toujours fluide et mouvant. Il est dommage que le reste du programme n’ait pas été aussi réussi, mais ce n’était du fait de la violoniste, et les quelques minutes d’élévation et de questionnement qu’a apportées cette Partita n°3 valaient bien d’avoir bravé le froid de cette cathédrale un dimanche de printemps.

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- Boulogne-sur-Mer
- Cathédrale Sainte-Marie
- 18 avril 2010
- Johann Sebastian Bach (1685-1750), Sonate n°1 en sol mineur BWV 1001 ; Partitas n°2 en ré mineur BWV 1004 et n°3 en Mi majeur BWV 1006.
- Viktoria Mullova, violon











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