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Violons de la Paix : Rhapsodie bohémienne

mardi 20 avril 2010 par Richard Letawe
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Marianne Piketty
DR

Météo radieuse, programme copieux, ambiance chaleureuse, il semble bien que notre été musical a déjà commencé avec quelques semaines d’avance. C’était ce week end à Boulogne-sur-Mer au festival Les Violons de la Paix.

Festival biennal, les Violons de la Paix en sont à leur troisième édition, organisée à Boulogne-sur-Mer et dans les communes alentour. Le thème de cette année : musique tzigane/ musique yiddish, que l’on retrouve dans la plupart des concerts, qu’ils représentent le répertoire classique, ou bien d’autres genres, comme la musique du monde, le jazz ou le cinéma. Avec 31 concerts en trois jours, le programme est varié et dense, à tel point qu’il faut parfois faire des choix cornéliens entre les différentes affiches : Amandine Beyer ou Valeryi Sokolov ; Jean-François Zigel et Svelin Roussev ou Marianne Piketty et Dana Ciocarlie ; David Grimal ou Barnabas Kelemen ; lise Berthaud et Claire-Marie le Guay ou nemanja Radulovic et les Trilles du diable ; Lorenzo Gatto ou Viktoria Mullova,…

Nous avions prévu de débuter notre recension du festival par le récital de Valeryi Sokolov accompagné au piano par Svetlana Kosenko dans Bach, Schubert et Prokofiev, mais son avion ayant été empêché de décoller à cause du fameux nuage, le violoniste ukrainien a dû annuler ses concerts en Europe. Notre entrée en matière se fait donc un peu plus tard, à La Capelle-les-Boulogne où Marianne Piketty et Dana Ciocarlie se produisaient dans un programme intitulé « Bohemian Rhapsody », regroupant Suk, Janacek et Martinu.

Les deux musiciennes prennent les œuvres dans l’ordre chronologique de leur composition et commencent donc par les rares Pièces pour violon et piano Op.17 de Josef Suk ; quatre pièces écrites en 1901, où l’influence de Dvorak le beau-père de Suk se fait encore sentir, mais où pointe aussi la personnalité sombre et lunatique de son auteur. Elles en donnent assurément une excellente version, qui sonne résolument tchèque, par sa versatilité, ses contrastes appuyés et ses phrasés vigoureux. On pourrait à la limite reprocher de légères baisses d’intensité du violon dans la conduite de certains phrasés du deuxième mouvement Appasionnato, mais pour le reste, la difficile partition est maîtrisée, et la pièce finale Burleska, est un beau moment de complicité entre des duettistes très énergiques.

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Dana Ciocarlie
DR

Janacek ensuite avec la Sonate pour violon et piano dans une lecture tout aussi convaincante que celle des pièces de Suk, âpre, franche et directe, qui traduit magistralement l’agitation du premier mouvement, dans une atmosphère tendue et combative. Le deuxième mouvement est rendu avec beaucoup de lyrisme, mais dans un esprit encore très tourmenté et plus virulent qu’à l’ordinaire, éclairage inattendu mais très convaincant. Le caractère rustique du troisième mouvement allegretto est parfaitement mis en valeur, avant un finale haletant, où la pianiste semble répéter sans cesse la même question, toujours interrompue par la violoniste, qui reprend ensuite le thème de façon très poétique, avant une conclusion inquiète, qui laisse l’auditeur songeur.

L’ambiance s’éclaircit avec la troisième œuvre du programme, la Sonate pour violon et piano n°3 de Martinu dans une interprétation là encore très brillante, essentiellement marquante dans les deux premiers mouvements, avec un poco allegro orgueilleux et ensoleillé, puis un adagio au chant sincère, simple et léger. Les deux mouvements suivants, de belle tenue néanmoins montrent un peu de fatigue chez la violoniste.

Le programme se termine avec l’œuvre la plus récente, Dolinova Czardas III du jeune Krystof Maratka, jolie page, brillante et spectaculaire, mais qui aurait pu être composée il y a plus d’un siècle, et qui souffre du voisinage des trois grands chefs d’œuvre qui l’ont précédée durant ce concert, et encore plus de la très mélancolique Dumka de Janacek, jouée en bis avec une pudeur bien sentie par les deux artistes. Elles enregistreront ce programme au mois de juin pour le label Integral.

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- La Capelle-les-Boulogne
- Eglise Saint-Jean-Baptiste
- 17 avril 2010
- Josef Suk (1874-1935), Pièces pour violon et piano Op.17
- Leos Janacek (1854-1928), Sonate pour violon et piano JW VII/7
- Bohuslav Martinu (1890-1959), Sonate pour violon et piano n°3 H.303
- Krystof Maratka (né en 1972), Dolinova Czardas III
- Marianne Piketty, violon
- Dana Ciocarlie, piano






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