ClassiqueInfo.com



Victor Hugo à travers les arts

jeudi 16 février 2012 par Nicolas Mesnier-Nature
JPEG - 31.2 ko
Arnaud Guillou
DR

Bien curieux anniversaire que ces 210 ans qu’aurait Victor Hugo aujourd’hui, prétexte pour sa ville natale Besançon, d’organiser des célébrations qui font sa « place » à l’écrivain français le plus connu au monde. En tout cas, le programme musical entrait dans la thématique hugolienne en présentant ce soir un « Victor Hugo et la musique ». L’admiration va dans les deux sens : les hommes s’appréciaient, partageant des idées et des thèmes communs, tous liées aux grandes valeurs humanistes.

Le programme a une couleur particulière, jouant dans la foulée œuvres orchestrales et vocales. Arnaud Gillou fait d’abord entendre sa voix de baryton dans deux mélodies en français rarement entendues de Franz Liszt, prémices au magnifique Erlkönig schubertien, dans l’orchestration moins connue d’Hector Berlioz, éprouvant pour l’interprète qui doit exprimer plusieurs personnages sans avoir le temps de se préparer vocalement pour les caractériser. Arnaud Guillou s’en sort haut la main et donnera la pièce en rappel.

Très connue et appréciée en Franche-Comté, Brigitte Rose présentait à son tour avec son ensemble Contraste et l’Ensemble Vocal de Franche-Comté, des œuvres pour chœur de Schumann et Schubert. Le Jagdlieder « Habet acht ! » pour chœur d’hommes et quatre cors, les Vier doppelchörige Gesänge du premier et le Nachtgesang im Walde du second dans la même formation masculine et cornée sont à saluer pour la difficulté de mise en place vocale (les silences sont aussi importants que les notes dans le Jagdlieder) et instrumentale, dont la justesse ne faillira jamais.

Le morceau de choix, c’était la Symphonie n°5 de Beethoven, pour laquelle, à n’en pas douter, beaucoup étaient venus. On croit cette symphonie très connue. Ce n’est sans doute pas le cas d’une partie du public qui a trouvé le moyen d’applaudir une fois entre deux mouvements. Il reste donc encore beaucoup à faire. Mais Jean-François Verdier n’est pas à critiquer pour sa mise en place et sa direction précise. La qualité des solistes ne laisse aucun doute et l’on s’est plu à entendre les différents pupitres de la petite harmonie comme on ne les entend plus guère, tout concentrés que sont trop souvent les chefs sur la masse des cordes, l’efficacité brillante et très tentante des cuivres et le martèlement à tout rompre des timbales. Un presque équilibre a été trouvé, à la limite du « trop » dans le dernier mouvement, si tentant d’éclats. Non, le problème est ailleurs : chaque orchestre et chaque chef jouant cette œuvre est en fait victime de son aura et de la pléthore d’excellents enregistrements traditionnels ou à l’ancienne. Et fatalement, le mélomane s’attend trop, connaissant la partition, à trouver à tel moment ou à tel autre une marque distinctive qui démarquera l’interprète. Il faudra tenir également compte de la tension qui peut régner dans un orchestre au moment fatal des quatre notes initiales. Ici, Jean-François Verdier n’aura pas le fil conducteur obsessionnel d’un rythme tout en potentiel énergétique monstrueux, emmenant dans sa folie tout l’orchestre. La fantastique transition préludant au dernier mouvement pouvait être l’occasion d’un immense crescendo surgissant de dessous terre, moment génial de tensions et d’attente. Mais on ne restait pas en « apnée auditive » pendant plusieurs secondes.

Loin d’être médiocre, la version de l’Orchestre de Besançon-Montbéliard Franche-Comté se classait parmi les classiques et pouvait satisfaire ainsi. Les précédents Prélude d’Ernani de Verdi et Ouverture de Ruy Blas de Mendelssohn étaient d’ailleurs d’une excellente facture avec un orchestre moins tendu et moins sur la réserve.

Lecteurs, artistes, éditeurs, organisateurs de concerts, notre article vous a intéressé ?
Vous désirez l’insérer dans votre revue de presse ?

"Nous serons ravis de le voir mentionné sur votre site internet. Vous pouvez, sans autorisation préalable de notre part, en extraire de courtes citations, à la condition expresse qu’un lien *fonctionnel* soit fait vers notre site.

En cas de citation sur un support papier, les noms de l’auteur et de notre site doivent être obligatoirement mentionnés.

Pour toute précision, n’hésitez pas à contacter notre rédaction : richard.letawe(at)classiqueinfo.com"

- Besançon
- Grand Kursaal
- 10 février 2012
- Giuseppe Verdi (1813-1901), Prélude d’Ernani
- Franz Liszt (1811-1886), Mélodies sur des poèmes de V. Hugo : Oh ! Quand je dors S.282 ; Comment disaient-ils ? S276
- Franz Schubert (1797-1828), Der Erlkönig D328 ; Nachtgesang im Walde D913 pour chœur d’hommes et 4 cors
- Felix Mendelssohn (1809-1856), Ouverture de Ruy Blas op.95
- Robert Schumann (1810-1856), Jagdlieder op.137 pour chœur d’hommes et 4 cors ; Vier doppelchörige Gesänge op.141 n°1-3
- Ludwig van Beethoven (1770-1827), Symphonie n°5 en ut mineur op.67
- Arnaud Guillou, baryton
- Contraste – Ensemble vocal de Franche Comté
- Brigitte Rose, direction
- Orchestre de Besançon-Montbéliard Franche-Comté
- Jean-François Verdier, direction











Accueil du site | Contact | Plan du site | | Statistiques | visites : 551420

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Musique symphonique   ?

Site réalisé avec SPIP 2.1.8 + AHUNTSIC

Creative Commons License