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Valses de fin d’année à Monte-Carlo

mardi 6 janvier 2009 par Cyril Brun
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© Matt Hennek

S’il est incontestable que cette ultime soirée monégasque de l’année fut de qualité, celle-ci ne fut cependant pas homogène. Tandis que Ravel fut excellemment bien servi, Borodine le fut un peu moins et Tchaïkovski, pour sa part, fut réellement desservi.

En effet, dans l’exécution des deux Russes, l’orchestre manquait de cette unité qui le caractérise habituellement. Les timbales, trop en dehors, les flûtes très indépendantes, ont quelque peu desservi une ligne mélodique noyée, sans toutefois dénaturer le Prince Igor. Il est en revanche difficile de ne pas mentionner le sort plus ingrat réservé à Romeo et Juliette. Ici, on eut dit que chaque instrument se voulait indépendant, ou plus exactement chaque pupitre, car l’unité au sein-même des pupitres était respectée. C’est entre les voix que le déséquilibre entraîna une confusion, jusqu’à livrer un final trop cuivré, arrivant jusqu’à saturation. Une interprétation presque berliozienne, peu adaptée à cette version de Roméo et Juliette laissant parfois un doute sur le compositeur.

En revanche, Ravel fut mis à l’honneur à la fois par l’orchestre et son chef et par Hélène Grimaud. Ici la finesse de l’orchestre, son unité et son équilibre habituels étaient au rendez-vous. Piano et orchestre s’unissaient, dialoguaient, se laissant mutuellement la parole, comme l’avait souhaité Ravel, avec raffinement et virtuosité. Piano et harpe s’épousaient dans un équilibre d’une rare finesse, derrière laquelle les trompettes pouvaient s’aligner sans complexe. Que dire du tapis d’alto dans lequel hautbois et piano venaient tisser leurs notes ? Conçu avec unité, formant un seul dialogue, presqu’une seule parole déclinée, comme seul Ravel sait le faire, avec simplicité, virtuosité, en une multitude de voix parfaitement unies, il n’était malheureusement pas judicieux d’en reprendre un extrait en un bis qui ne fut, bien sûr, pas à la hauteur du premier. La Valse quant à elle séduisit à son tour le public, à l’exception une fois encore de certains forte arrivant à saturation.

Enfin, nouvel an oblige, Lionel Bringuier après avoir présenté ses vœux au public conquis, enchaîna sur une Marche de Radetzky au rythme de laquelle l’orchestre s’égraina dans une salle désormais debout.

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- Monte-Carlo
- Auditorium Rainier III
- 30 décembre 2008
- Alexandre Borodine (1833-1887), Les Danses Polovtsiennes du « Prince Igor »
- Maurice Ravel (1875-1937), Concerto en sol, La Valse
- Piotr Illytch Tchaïkovski (1840-1893), Roméo et Juliette, ouverture fantaisie
- Hélène Grimaud, piano
- Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo
- Lionel Bringuier, direction






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