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Vadim Repine, en stsar à Saint Riquier

lundi 21 juillet 2008 par Richard Letawe
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P.Guillaume / Vues d’ici

Le concert de ce soir à Saint Riquier est le second de la catégorie des « grands concerts d’orchestre », après celui du week end précédent ou l’Orchestre National de Belgique mené par Walter Weller accompagnait l’enfant du pays, Olivier Charlier dans le Concerto pour violon de Beethoven.

Au programme de ce soir, l’Orchestre Philharmonique de l’Oural sous la direction de Dmitri Liss, avec le plus prestigieux des solistes, Vadim Repine dans le Concerto de Sibelius. Avant celui-ci, Kikimura d’Anatole Liadov est une bonne occasion pour l’orchestre de s’ébrouer, et pour l’auditeur de prendre la mesure de cette formation aux cordes disciplinées et à la sonorité un peu rustique, et aux bois typés, mais pas toujours très en verve (un cor anglais aigre et grimaçant dissipe une bonne part du plaisir dispensé par l’Adagio introductif). Dmitri Liss a un style de direction spectaculaire, préférant l’engagement à la précision, et l’acoustique de l’Abbatiale est plutôt fine et pas trop réverbérée.

Vadim Repine, décontracté et souriant fait ensuite son apparition pour le concerto. Sa prestation est un magnifique moment de musique, auquel on ne peut reprocher qu’un premier mouvement manquant légèrement d’engagement et d’expressivité. Repine est évidemment un musicien d’exception, à la sonorité rayonnante, au jeu souplement articulé et à la technique superlative. Mais ce qui serait déjà tout à fait satisfaisant de la part d’un violoniste un peu moins coté ne l’est pas entièrement d’un artiste de la trempe de Repine, dont on garde des souvenirs plus exceptionnels que cette maîtrise impressionnante mais assez neutre.
Les deux mouvements suivants n’appellent en revanche que des éloges, avec un mouvement lent sobre, mais au lyrisme intense, qui se nourrit magnifiquement de la mélodie, puis un finale pris tambour battant par un soliste qui est bien l’un des rares à pouvoir jouer à cette vitesse tout en conservant une parfaite netteté d’articulation et une justesse à toute épreuve.

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P.Guillaume / Vues d’ici

En guise de seconde partie à ce concert, suivi par un public nombreux et chaleureux, la Symphonie Pathétique de Tchaïkovski, dans une exécution flamboyante et engagée, qui fait honneur aux musiciens d’un orchestre qui ne fait pas partie du gratin, dont les pupitres sont un peu disparates (cors assez poussifs, hautbois crispants), et qui ne dispose sûrement pas des meilleurs instruments, mais qui compense ces faiblesse par un grand sens de la discipline et par un investissement très généreux. On sort de l’écoute de cette Pathétique comblé, grâce aux judicieux choix de tempi du chef, qui offre un premier mouvement bien contrasté entre passages passionnés et moments de détente ; grâce à un deuxième mouvement d’une élégance raffinée, et surtout grâce à un Allegro molto vivace mené dans la grande tradition russe : au galop, sabre au clair et sans faiblir. La précision d’ensemble y est un peu mise à mal, mais ce brio et cette énergie brute sont revigorants, avant un Adagio final très émouvant, au pathos assumé, mais sans surcharge et sans mauvais goût.

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- Saint Riquier
- Abbatiale
- 16 juillet 2008
- Anatole Liadov (1855-1914), Kikimura Op.63 ; Jean Sibelius (1865-1957) : Concerto pour violon en ré mineur Op.47 ; Piotr Illytch Tchaïkovski (1840-1893), Symphonie n°6 en si mineur Op.74 « Pathétique »
- Vadim Repine, violon
- Orchestre Philharmonique de l’Oural
- Dmitri Liss, direction











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