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Une Messe en si au théâtre

lundi 26 janvier 2009 par Cyril Brun
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Cantus Coelln
DR

Ce que l’on a pu considérer comme la plus parfaite, la plus accomplie des musiques, la fameuse Messe en si mineur de Jean Sébastien Bach, est apparue ce soir au Théâtre des Champs-Élysées comme une musique savante, parfaitement policée.

Les spécialistes que sont le Cantus Cölln et son chef Konrad Junghänel ont réservé au public parisien une soirée de qualité, toutefois peu adaptée au théâtre de l’avenue Montaigne. L’effectif, probablement proche de l’époque baroque, les instruments issus du même répertoire ne sont pas parvenus à remplir la grande salle dorée et, finalement, l’intimité que suggérait l’effectif discret s’est perdue sous le dôme art déco.

Dès le Kyrie, les voix étaient peu audibles et souvent couvertes par l’orchestre, tandis que les voix de soprano et alto du duo du Christe s’entremêlaient difficilement. Pourtant la puissance que pouvaient suggérer certains passages, notamment du Gloria, était méthodiquement contenue dans des nuances expressives, mais ne sortant jamais d’une mesure très policée. Malgré cela, le chœur à quatre voix du qui tollis était perdu, presque noyé derrière l’orchestre. Inadéquation entre le répertoire et le lieu qui curieusement fait l’exact contre poids d’ Elias donné deux jours plus tôt par Kurt Masur et le National. Si l’on peut regretter cette inadéquation et ce défaut d’équilibrage desservant la qualité du travail, en revanche, une question d’interprétation reste en suspens. Fallait-il autant marquer les cadences conclusives de chaque phrase du Gloria et du Credo ? Certes, on peut arguer que Bach a repris d’autres pièces antérieures ayant valeur par elles-mêmes, mais d’une part ce n’est pas le cas de toutes les phrases et d’autre part les arrangements apportés par l’auteur lui-même semblent suggérer qu’au contraire la lecture de chacune de celles-ci doit s’entendre à l’intérieur d’un tout. En revanche, il semble que la question ne se pose pas pour le quoniam tu solus du Gloria, d’où un vague sentiment de décalage dans l’interprétation, parfois plus oratorio que réellement messe, de Wolf Matthias Friedrich. Enfin, il est regrettable qu’une grande salle comme le Théâtre des Champs-Elysées n’ait pas mis plus de soin à la traduction du texte latin, non seulement approximative, mais également fausse, confondant accusatif et datif. Un concert certainement à réécouter en d’autres lieux.

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- Paris
- Théâtre des Champs Elysées
- 13 janvier 2009
- Johann Sebastian Bach (1685-1750), Messe en si mineur
- Canuts Cölln : Johanna Koslowsky, Yvona Lesniowska, Sabine Goetz, Heike Heilmann, soprano ; Elisabeth Popien, Henning Voss, alto ; Hans Jörg Mammel, Georg Poplutz, ténor ; Wolf Matthias Friedrich, Markus Flaig, basse
- Akademie für Alte Musik Berlin
- Konrad Junghänel, direction











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