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Une Botte Secrète révélée

mercredi 16 novembre 2011 par Nicolas Mesnier-Nature
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© Yves Petit

Un compositeur de la Belle Époque spécialisé dans le comique musical travaillant avec Courteline, un librettiste fréquentant Alphonse Allais et Alfred Jarry. Quand ils se rencontrent, qu’est-ce qu’ils se racontent ? Des histoires drôles, évidemment !

Claude Terrasse le musicien et Franc-Nohain le librettiste écrivent donc ensemble une opérette bouffe, La Botte Secrète. Cent-huit ans après la première parisienne, à peine réactualisée dans le décor, l’œuvre, en petite-fille d’Offenbach, n’a pas perdu de son sel. Une heure de temps, avec les cinq chanteurs-acteurs et les onze musiciens réunis sous la direction musicale de Christophe Grapperon et dans la mise en scène de Pierre Guillois, la production de la Compagnie des Brigands qui s’évertue à nous faire redécouvrir un pan mal connu de la production musicale a su régénérer la verve comique sans prétention mais très efficace des deux compères.

L’intrigue tient en peu de chose : un couple princier recherche qui a outragé monsieur (ténor) en lui laissant la marque de sa chaussure sur le derrière et troublé madame (mezzo-soprano) par la même occasion, un soir de 14 juillet. La scène est unique et se passe chez un chausseur, M. Edmond (baryton) chez lequel le couple espère obtenir les moyens de retrouver l’inconnu, quitte à lui racheter son magasin pour retrouver fatalement un jour le client outrageur. Un égoutier (baryton) et un chasseur de femmes (ténor) font irruption et le quiproquo s’installe.

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© Yves Petit

La musique de 1903 est bien inscrite dans son époque, simple et très bien écrite. Trios, duos, couplets, quatuor alternent avec équilibre. Les parties chantées font la part belle aux jeux de mots et césures savoureuses très proches de l’écriture du grand aîné, Jacques Offenbach. La Valse-Duo « Toute à l’égout, toute à l’égoutier » en est le meilleur exemple. Les dialogues sont dignes des pièces légères à la mode du temps et font mouche. Le public rit, l’objectif est atteint.

La distribution vocale sied parfaitement au style voulu par les auteurs : légère, juste, précise. Avec toutefois un petit regret au niveau de la compréhension des paroles dans certains airs, notamment pour la Princesse de Diana Axentii, à l’accent d’Europe centrale, et Vincent Vantyghem au registre grave un peu brouillon dans l’élocution. Mais les dialogues restent parfaitement audibles par tous, ce qui est essentiel. La petite formation instrumentale, où l’erreur n’est pas permise, fut parfaite, ce qui n’est jamais évident dans ces œuvres dites « légères » mais qu’un immense chef comme Carlos Kleiber, qui est passé par là, considérait comme redoutables mais très formatrices.

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© Yves Petit

Le beau décor unique a fait le pari réussi, qui est presque un luxe pour si peu de temps, de multiplier les espaces scéniques : deux échelles de part et d’autres de l’avant-scène permettent aux chanteurs de descendre ou d’accéder au plateau comme si la fosse d’orchestre était la réserve du magasin de chaussures ou un égout, d’où émergera fort à propos notre égoutier ! Entre la fosse et le proscenium, des rangées de boîtes à chaussures alignées font la transition en douceur. Le magasin se trouve donc dans notre esprit à l’entre-sol et les clients y descendent par un escalier à vis servant de transit avec la partie supérieure de la scène où deux fenêtres rectangulaires découpées au bas d’une paroi nous permettent d’apercevoir les jambes des passants. Même si l’ensemble de la scène est très sombre et appelle davantage le drame que la comédie, il donne une allure classieuse et moderne à la pièce.

Pour achever cette heure de détente musicale, une « revue légère » compile des airs de la même trempe tirés d’auteurs connus à l’époque et moins maintenant : Christiné, Hahn, Yvain, Hervé, Lattès... et l’Offenbach des Brigands, du Docteur Ox ou de Barbe Bleue. On retrouve nos interprètes de La Botte Secrète accompagnés par douze artistes associés aux productions de la bien nommée compagnie Les Brigands, fondée en 2001. Un final en beauté pour une soirée détente très sympathique.

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- Besançon
- Le Théâtre Musical
- 08 novembre 2011
- Claude Terrasse (1867-1923), La Botte Secrète
- Mise en scène, Pierre Guillois ; Chorégraphies et assistantes à la mise en scène, Stéphanie Chêne ; Costumes, Axel Aust ; Assisté de scénographie, Florence Evrard ; Lumières, Christophe Forey
- La princesse, Diana Axentii ; La prince, Christophe Crapez ; M. Edmond, Vincent Deliau ; Hector, David Ghilardi ; l’Égoutier, Vincent Vantyghem
- Piano et chef de chant, Nicolas Ducloux
- Christophe Grapperon, direction






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