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Un stimulant Requiem de Verdi à la Philharmonie de Luxembourg

mardi 20 janvier 2009 par Richard Letawe
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Karen Cargill
©Andreas Landino

Le London Symphony Orchestra et son choeur se produisaient ce samedi à la Philharmonie de Luxembourg dans le Requiem de Verdi, devant un public encore une fois très nombreux. A la tête des forces londoniennes, le président de l’orchestre, le fringant octogénaire Colin Davis.

Les chefs d’orchestre ont souvent tendance à ralentir la cadence avec l’âge ; ce n’est assurément pas le cas de Colin Davis, qui fait encore preuve d’un tempérament très fougueux, donnant de ce Requiem une lecture efficace et sans temps mort, emportée et contrastée, au dramatisme affirmé. Les tempi sont globalement rapides, aucun mouvement ne s’enlise, et les passages les plus véhéments, on pense bien sûr aux occurrences du fameux Dies irae sont véloces, menés fermement, sans lourdeur, avec une férocité très impressionnante.

Le London Symphony Chorus n’a pas la rondeur des meilleures formations chorales, ni les timbres les plus séduisants, surtout parmi les messieurs. Il fournit pourtant une très belle prestation, car la cohésion est excellente, les variations de dynamique sont très finement exécutées, et parce que l’impact et la vérité dramatiques compensent le léger manque de pure beauté vocale. On soulignera également une diction très claire, quoique teintée d’un accent anglais un peu trop prononcé. Le quatuor de solistes est entièrement anglo-saxon, de grandes voix puissantes et solides, auxquelles manquent généralement un peu d’imagination, et beaucoup de sensibilité belcantiste. La soprano Christine Brewer est assez inégale : ses premières interventions sont justes, donnant un Quid sum miser très honorable, mais la suite est moins glorieuse : l’émission manque de netteté, les aigus ne sont pas très justes, dans le Domine Jesu ou dans l’Agnus Dei. Elle se réserve en fait pour le Libera me, qui n’est pas extraordinaire, mais très digne, où sa puissance et sa conviction compensent des aigus décidément forcés. L’américain Stuart Neill est un ténor à la voix claire et puissante, qui fait preuve d’une justesse à toute épreuve, d’une belle vaillance (un Ingemisco sans mièvrerie), et qui soigne ses phrasés, ne se contentant pas d’étaler sa bonne santé. Le seul problème est le chant piano, où il est forcé de détimbrer, et où la voix manque de corps [[Ne pereni cremer igne dans l’Ingemisco, Hostias et preces tibi dans le Domine Jesu par exemple. C’est John Relya qui tient la partie de basse, lui aussi sans guère connaître de problème, mais sans beaucoup d’esprit non plus. La puissance est là, mais l’émission est assez engorgée, la diction fait l’impasse sur les consonnes, et il débite son texte de façon un peu trop monolithique, comme un prédicateur qui débiterait son prêche pour la millième fois.

Enfin, la mezzo-soprano Karen Cargill est assurément la plus satisfaisante des membres de ce quatuor, par son souci constant de produire autre chose que des décibels, et par la sensibilité dont elle fait preuve. Le timbre est velouté et a de belles couleurs, le legato est subtil, la diction précise, et l’émission est admirablement bien maîtrisée. A part une petite inattention au début du Lacrimosa, sa prestation est magnifique, et vient illuminer ce Requiem de très bonne facture, en dépit des quelques limites des solistes.

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- Luxembourg
- Philharmonie
- 17 janvier 2009
- Giuseppe Verdi (1813-1901), Messa da Requiem
- Christine Brewer, soprano ; Karen Cargill, mezzo-soprano ; Stuart Neill, ténor ; John Relya, basse
- London Symphony Chorus. Chef de choeur, Joseph Cullen
- London Symphony Orchestra
- Colin Davis, direction











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