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Un récital triomphal de Patrizia Ciofi ouvre la saison de l’Opéra d’Avignon

vendredi 4 novembre 2011 par Emmanuel Andrieu

Une semaine après la dernière représentation marseillaise du Roméo et Juliette de Gounod dans laquelle la diva italienne a fait sensation, Patrizia Ciofi donnait à Avignon un récital d’airs d’opéras français et italiens au profit d’Amnesty International. Le chef d’orchestre Luciano Acocella dirigeait l’Orchestre Lyrique de région Avignon-Provence.

C’est une salve d’applaudissements nourris qui a salué l’arrivée de la cantatrice sur la scène de l’Opéra d’Avignon. Il faut dire qu’elle est l’une des artistes lyriques le plus souvent invitées par Raymond Duffaut et l’une des sopranos préférées du public avignonnais. Après une Traviata restée dans les annales du théâtre en 2001, Patrizia Ciofi est ainsi revenue en 2004 pour interpréter le rôle d’Amina dans La Sonnambula, puis de Leïla dans Les Pêcheurs de perles (2006) et enfin le rôle-titre de la Manon de Massenet en 2009.

Vêtue d’une superbe robe-fourreau noire, qu’elle gardera jusqu’au bout, elle débute le récital, sitôt l’ouverture de Don Pasquale achevée, avec l’air de Norina « Quel guardo il cavaliere… ». Autant comédienne que chanteuse, elle ravit d’emblée par sa façon d’incarner ce personnage mutin auquel elle prête ses yeux malicieux et son charme naturel. La technique sûre et la voix bien maîtrisée, elle enchante par l’exquise musicalité avec laquelle elle délivre cet air délicieux.

Après son retentissant succès cet été aux Chorégies d’Orange dans le rôle de Gilda, Patrizia Ciofi émeut à nouveau avec le fameux « Caro nome che il mio cor… ». Son timbre pétri de vulnérabilité, sa ligne de chant irréprochable et la rare élégance de ses vocalises méritent, de fait, l’ovation déchaînée qu’elle récolte à l’issue de cet air.

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Patrizia Ciofi et Luciano Acocella
DR

Avec Maria Stuarda et l’air « Oh nube ! Che lieve per l’aria… », elle aborde un registre plus dramatique dans lequel elle excelle également. On ne peut qu’admirer la fragilité et la mélancolie qu’elle insuffle à cette héroïne bouleversante, moins « reine » que « femme blessée ». Les nuances irisées dont elle orne son chant - toujours au service du texte et des sentiments exprimés -, le contrôle du souffle, l’agilité des coloratures et l’exécution de pianissimi éthérés couronnent une première partie de programme propre à enthousiasmer l’auditoire…déjà impatient que le concert reprenne !

En seconde partie, la cantatrice revient à un répertoire plus léger avec l’air d’Adina dans L’Elisir d’amore, « Prendi per me sei libero… », qu’elle conclut dans un véritable feu d’artifice vocal fait de trilles, notes piquées et autres ornements virtuoses. Un vrai régal pour les oreilles et une leçon de bel canto !

Vient ensuite, plus rare, l’air d’Ensoleillad « Vive amour qui rêve… », tiré du Chérubin de Massenet. On apprécie la sensibilité qu’elle insuffle à cette magnifique romance extatique, malgré une diction de notre langue perfectible.

La cantatrice termine la soirée avec la célèbre Valse extraite du Roméo et Juliette de Gounod, rôle qu’elle vient d’interpréter avec succès, comme nous l’avons déjà précisé, sur la scène de la cité phocéenne. Elle renouvelle le miracle de légèreté et de naturel dont elle pare ce morceau qui nous avait déjà enchanté à Marseille.
Face aux acclamations du public, elle offre en premier bis un air du Signor Bruschino de Rossini « Ah, Donate il caro sposo », avant de reprendre la Valse de Juliette, pour le plus grand bonheur d’un public au comble de la joie.

Excellent également, l’Orchestre Lyrique de région Avignon-Vaucluse placé sous la direction de Luciano Acocella qui, hormis une exécution un peu tonitruante de l’ouverture de Carmen, conduit avec précision ses musiciens. Sa collaboration artistique avec la cantatrice est bien connue et participe pleinement au succès de la soirée.

Signalons, en guise de conclusion, que Patrizia Ciofi reviendra à Avignon dès l’année prochaine chanter à nouveau le rôle qui l’avait révélée in loco en 2001, à savoir celui de Violetta dans La Traviata.

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- Avignon
- Opéra-Théâtre
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- Giuseppe Verdi (1813-1901), La Traviata : Prélude du 1er acte
- Georges Bizet (1838-1875), Carmen : Ouverture
- Jules Massenet (1842-1912), Chérubin : Vive amour qui rêve
- Charles Gounod (1818-1893), Faust : Prélude ; Roméo et Juliette : Je veux vivre
- Gioacchino Rossini (1792-1868), Il Signor Bruschino : Ouverture ; Il Signor Bruschino : Ah, Donate il caro sposo
- Patrizia Ciofi, soprano
- Orchestre Lyrique de région Avignon-Provence
- Luciano Acocella, direction






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