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Un programme classique pour clôturer les Voix du Printemps

lundi 29 mars 2010 par Claire Wyniecki
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Johan Farjot
DR

C’est sur un hommage aux grands maîtres du XVIIIe que s’est clôturée la nouvelle édition du festival Voix de Printemps, créé en 2009 par Arnaud Thorette et Johan Farjot. Au programme de ce voyage au cœur du classicisme, Joseph Haydn et son Concerto pour violoncelle n°1 et Wolfgang Amadeus Mozart avec trois extraits de La Clémence de Titus (Ouverture et deux airs de Sesto : Deh per questo et Parto, Ma tu ben mio) ainsi que la fameuse Symphonie concertante pour violon et alto.

La Cathédrale Saint-Louis des Invalides a ainsi accueilli quatre jeunes solistes de haute tenue : Antoine Pierlot au violoncelle, la mezzo-soprano Blandine Staskiewicz, Geneviève Laurenceau au violon et Arnaud Thorette à l’alto, ainsi que l’Orchestre de Paris-Sorbonne dirigé par Johan Farjot.

Le Concerto pour violoncelle n°1 de Haydn ouvre le concert. Elégance et sobriété semblent être les partis pris d’Antoine Pierlot dans une interprétation toujours fidèle au style classique. Dès les premières notes, on regrette que l’acoustique capricieuse de la cathédrale ne mette pas assez en valeur la belle qualité de son du violoncelliste, avec ce timbre particulièrement doux qui aurait gagné à être projeté davantage. Le chef fait également un remarquable travail sur les couleurs orchestrales, notamment avec des pianissimos très expressifs qui servent toujours le soliste sans jamais le couvrir.

Après l’Ouverture de La Clémence de Titus, menée avec beaucoup de dynamisme par l’orchestre, la belle Blandine Staskiewicz entre en scène dans une magnifique robe bleue qui ne manque pas de faire son effet ! Et quelle grande voix ! Dotée d’une technique très solide et d’un timbre large et puissant, la chanteuse semble parfaitement à l’aise dans ce noble répertoire. L’air Parto, Ma tu ben moi est une réussite avec un dialogue très bien mené entre la chanteuse et le jeune clarinettiste plein d’avenir Nans Moreau. Un bémol cependant pour l’apparence parfois trop sévère de Blandine Staskiewicz, qui aurait pu être plus chaleureuse, plus tendre pour séduire entièrement le public.

La Symphonie Concertante reste cependant le plus beau moment du concert. La complicité qui règne entre Geneviève Laurenceau et Arnaud Thorette est sûrement le secret de cette réussite. La violoniste a une ampleur de geste et une fraîcheur de jeu qui s’accordent parfaitement bien avec le son très plein, très chaleureux d’Arnaud Thorette. Energie, équilibre et sensibilité sont au rendez-vous. Les solistes font preuve d’une grande finesse musicale en renouvelant toujours leur discours, leurs émotions pour ne jamais tomber dans des longueurs ennuyeuses. Le second mouvement est un vrai bijou. Il est évident que Geneviève Laurenceau et Arnaud Thorette sont d’excellents chambristes dès lors qu’ils dépassent l’aspect parfois grandiloquent de la musique concertante pour nous offrir une interprétation intime et délicate. L’orchestre, quant à lui, arrive à alléger la masse sonore pour laisser passer les solistes sans dénaturer l’élégance et le dynamisme propre à cette écriture mozartienne.

Il semble par ailleurs naturel de saluer l’immense travail de Johan Farjot. A la direction d’un orchestre majoritairement composé d’amateurs, pour la plupart des étudiants aux parcours très différents, il aboutit à un travail solide et cohérent grâce à une grande rigueur et à un excellent contact humain. Sa direction précise et dynamique profite amplement de la jeunesse de cet orchestre. Si quelques uns s’attarderont inutilement sur quelques petits détails malheureux, d’autres ne retiendront que l’immense énergie et l’amour de la musique qui se dégagent de cet orchestre.

Enfin, en guise de bis, Geneviève Laurenceau et Arnaud Thorette nous offrent la pièce Masques, récemment composée par Karol Beffa dont plusieurs pièces magnifiques ont rythmé cette deuxième édition du festival Voix de Printemps.

Arnaud Thorette se produira le 12 juin prochain à l’Eté musical d’Horrues en compagnie d’Eliane Reyes et de Jean-Luc Votano.

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- Paris
- Cathédrale Saint-Louis des Invalides
- 25 mars 2010
- Joseph haydn (1732-1809), concerto pour violoncelle n°1 en Ut majeur
- Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Ouverture et airs extraits de La Clemenza de Tito ; Sinfonia concertante pour violon et alto en Mi bémol majeur KV364
- Blandine Staskiewicz, mezzo-soprano
- Antoine Pierlot, violoncelle
- Geneviève Lanceau, violon
- Arnaud Thorette, alto
- Orchestre de Paris-Sorbonne
- Johan Farjot, direction






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