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Un glorieux concert Bach par le Ricercar Consort à Liège

mercredi 13 octobre 2010 par Richard Letawe
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Ricercar Consort
DR

Au contraire des saisons précédentes, il n’y aura pas à proprement parler de série baroque à l’OPL, dont la saison est légitimement axée sur la célébration du cinquantenaire de l’orchestre. Néanmoins, dans ce répertoire, la qualité et le prestige des invités sont particulièrement relevés, avec au mois de septembre la venue de Jordi Savall, puis quelques semaines plus tard, celle de Philippe Pierlot et de son Ricercar Consort, venus jouer une sélection de cantates de Bach pour solistes, devant une Salle Philharmonique presque comble.

La semaine précédant ce concert, Philippe Pierlot et son ensemble enregistraient dans cette même Salle Philharmonique de Liège la Passion selon Saint-Jean. Le Ricercar Consort était donc parfaitement au point et préparé pour ce concert, tant sous les aspects du style et de la cohésion instrumentale que du point de vue de l’appropriation de l’acoustique du lieu. Nous ne sommes pas dans une compétition, mais il est difficile de passer sous silence que, par rapport à ce qu’on a pu entendre récemment de la part de Ton Koopman et de son orchestre à Ambronay, il y a une classe d’écart en faveur de Philippe Pierlot et de ses troupes, plus inspirés, plus concernés, plus équilibrés, avec des instrumentistes qui jouent juste, et font preuve de brio, d’élégance et de vivacité durant tout le concert.

La direction de Philippe Pierlot est lumineuse et évidente, fluide et bien rythmée, mais sachant s’appesantir lorsque c’est nécessaire, et laissant toujours le chant se déployer, de la part des voix comme de la part des instruments solistes.

Deux cantates en solo pour débuter, avec d’abord « Ich habe genug » par la basse Stephan Macleod, vieux complice du Ricercar Consort, et chanteur remarquable, dont la voix n’est guère impressionnante, mais qui est très claire et toujours parfaitement juste, dans l’émission comme dans l’élocution. Stephan Macleod, dont les phrasés sont d’une grande beauté, chante avec souplesse, sans jamais forcer, laissant toujours une impression d’aisance technique et de maîtrise stylistique. Parmi les grandes basses actives dans ce répertoire, on ne voit d’ailleurs guère qu’un Peter Kooij pour lui disputer la palme, mais le chant de Stephan Macleod est certainement plus fluide et plus égal que celui de son collègue hollandais, qui est lui capable de plus d’extraversion.

Accompagnée par l’excellente trompette de Guy Ferber, c’est Maria Keohane qui chante une autre cantate célèbre, la réjouissante « Jauchzet Gott in allen Landen ». La soprano suédoise a peut être une diction un peu floue et une intonation parfois légèrement approximative, mais pour le reste, que de beautés dans ce chant léger et pétillant, au style accompli, à la vocalisation précise et aux aigus radieux. Chacun des trois airs qui forment l’essentiel de cette cantate est glorieusement interprété, avec une mention spéciale pour la sensibilité et la chaleur dont elle fait preuve dans « Höchster, mache deine Güte ». Mentionnons également l’accompagnement très subtil proposé par le continuo et les deux violons dans le choral « Sei Lob und Preis mit Ehren ».

Le concert reprend en seconde partie avec un Concerto brandebourgeois n°2 de très belle facture, vivant et rythmé, aux tempi idéaux, dans lequel la maîtrise des solistes instrumentaux est exemplaire, autant que la pureté et le naturel du geste de Philippe Pierlot. On arrive ensuite à la fin avec une tout aussi belle cantate « Liebster Jesu mein Verlangen », où le Ricercar Consort est toujours précis et efficace, et où les deux chanteur sont aussi rayonnants qu’en première partie, et peuvent enfin unir leurs voix dans le très tendre duo « Nur verschwinden allen Plagen », qui constitue ainsi une fin rêvée pour un programme intelligemment conçu et somptueusement exécuté.

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- Liège
- Salle Philharmonique
- 03 octobre 2010
- Johann Sebastian Bach (1685-1750), Cantates « Ich habe genug » BWV 82 ; « Jauchzet Gott » BWV 51 ; « Liebster Jesu mein Verlangen » ; Concerto brandebourgeois n°2 BWV 1047
- Maria Keohane, soprano
- Stephan Macleod, basse
- Ricercar Consort
- Philippe Pierlot, direction











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