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Un dernier concert de saison réussi pour l’Orchestre d’Auvergne

lundi 15 juin 2009 par Benoît Donnet
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Arie van Beek
DR

Pour leur dernière prestation de la saison 2008-2009, les musiciens de l’Orchestre d’Auvergne ont offert, sous la direction toujours très fine d’Arie van Beek, un très beau programme parfaitement interprété aux mélomanes clermontois : une vraie partie de plaisir.

Aux côtés de deux oeuvres archi-célèbres, le concerto n°4 de Beethoven et la symphonie n°94 de Haydn, siégeaient deux raretés plus récentes, le court Adagio cantabile de Landowski et les cinq Danses gitanes de Turina orchestrées par lui-même. La pièce de Landowski est la moins intéressante, malgré un certain charmé caractérisé par une grande facilité d’écoute : ce compositeur décédé en 1999, sorte
d’anti-Boulez radical de la musique contemporaine, propose une pièce néoromantique assez inquiète et méditative, instrumentée pour un petit ensemble de cordes, quelques bois, timbales et xylophone. Assez brève et concise, l’oeuvre se laisse agréablement écouter, sans aspérités excessives, dans un climat tonal propre à rassurer l’auditeur que le mot « contemporain » effraie habituellement. Si Landowski a le bon goût d’éviter tout sentimentalisme hollywoodien, il demeure assez convenu ici, et tout cela n’est guère original - dans sa production, la symphonie n°3 ou le concerto pour basson sont préférables, beaucoup plus personnels que cet Adagio qui ne nous apprend pas grand-chose ni sur le monde, ni sur la musique. A noter, tout de même, que l’orchestre, que l’on a assez peu entendu dans le registre contemporain cette année, s’en tire avec les honneurs, même si sa sonorité est un peu mince pour une oeuvre aussi délibérément romantique.

Le public attendait avec plus d’impatience la prestation de Cédric
Tiberghien dans le concerto n°4 de Beethoven : il n’aura pas été déçu : techniquement à peu près irréprochable, le jeune et remarquable pianiste a livré une performance impeccable et pleine de poésie, même si nous avouons personnellement trouver ses ralentis et sa gestion des silences un peu trop appuyés, surtout dans le premier mouvement - d’autant qu’Arie van Beek, bien loin de s’adonner à de tels épanchements plus chopiniens que beethovéniens, fonce à toute allure avec une motorique nettement plus nerveuse et convaincante. Notre seul vrai regret porte sur les interventions orchestrales du deuxième mouvement, beaucoup trop sèches et décharnées, qui manquent d’expression. Peut-être le chef va-t-il aussi un peu vite pour un concerto qui demande plus de lyrisme que de violence - mais il est vrai que nous sommes difficile, surtout au vu de la perfection technique et de la sonorité superbe du pianiste.

Après l’entracte, les Danses Gitanes de Turina ont été accueillies très favorablement par le public. Il est vrai que ces oeuvres colorées, vives et séduisantes ont tout pour plaire : tirées d’une série de pièces pour piano orchestrées après leur composition, elles déploient une luxure instrumentale très debussyste qui ne manque ni de langueur, ni d’originalité, ni d’invention : flûtes, percussions et trompettes y sont à l’honneur, dans un climat espagnol très plaisamment caractérisé, qui évoque le monde d’Iberia d’Albeniz... ou de Debussy. Au milieu de ce paysage de carte postale à l’exotisme délicieusement fantasmé, les dissonances et les frottements orchestraux ne font pas défaut : cette musique possède vraiment un intérêt intrinsèque que les couleurs de l’orchestre, beaucoup plus osées et vives qu’à l’accoutumée, ont parfaitement rendu.

Enfin, le concert s’est clos par une exécution vive et efficace de la symphonie « La Surprise » de Haydn, dans laquelle le chef s’est livré à un exercice de direction très vivement et justement acclamé. Si l’introduction lente a semblé un peu heurtée à cause d’un certain défaut de respiration, l’Allegro ternaire du premier mouvement, pris très vite et sans concessions, était remarquable, et ne cèdait rien au charme amusant et facétieux de l’Andante ; tandis que le menuet ne manquait ni de vitesse, ni de mordant. Après cette symphonie parfaitement exécutée, avec une dynamique, une rythmique et un sens des contrastes qui témoignent de la formation « baroqueuse » de Arie van Beek, l’ouverture des Noces de Figaro, qui avait constitué le premier bis de la saison, a refermé celle-ci dans une bonne humeur pour laquelle nous remercions les interprètes.

L’orchestre d’Auvergne et Arie Van Beek seront aux Flâneries musicales de Reims le 27 juin prochain.

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- Clermont-Ferrand
- Maison de la Culture
- 09 juin 2009
- Marcel Landowski (1915-1999), Adagio cantabile
- Ludwig van Beethoven (1770-1827), Concerto pour piano n°4 en Sol majeur op.58
- Joaquin Turina (1882-1949), Danzas Gitanas, version orchestrale
- Joseph Haydn (1732-1809), Symphonie n°94 en Sol majeur « La Surprise »
- Cédric Tiberghien, piano
- Orchestre d’Auvergne
- Arie van Beek, direction






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