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Un Barbier hilarant à l’Opéra de Wallonie

lundi 11 avril 2011 par Richard Letawe
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© Jacques Croisier

L’Opéra Royal de Wallonie poursuit sa saison, toujours délocalisée sous le chapiteau du Palais-Opéra, avec le Barbier de Séville, dans une reprise de la production signée en 2008 par le directeur de la maison, Stefano Mazzonis di Pralafera.

Le spectacle commence assez doucement, faisant même craindre dans les premières scènes une espagnolade sans imagination, aux décors et costumes criards. Mais le directeur de l’ORW est un metteur en scène habile, qui sait faire monter la tension dramatique d’une production, et qui sait mener une comédie, en y mettant humour et fantaisie à bon escient. Au final, on assiste à un spectacle très bien monté, dont les dernières scènes sont hilarantes, et dont l’humour de situation est rehaussé par des gags inventifs et multiformes, qui passent par le surtitrage, le continuo, les trucages, ou encore l’ajout de musique à la partition, comme ce Valeureux liégeois [1] qui accompagne le défilé de la garde, et qui est évidemment accueilli avec joie par le public principautaire.

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© Jacques Croisier

On a donc affaire à une mise en scène très soignée, pleine de facéties, souvent burlesque, et qui accorde beaucoup d’attention à donner à chaque personnage ses moments de gloire scénique. La distribution, entièrement renouvelée par rapport à la création en 2008 est particulièrement bien préparée et investie scéniquement, ce qui laisse l’impression d’assister à un spectacle entièrement neuf, qui fait ainsi partie du meilleur du répertoire de l’ORW.

La distribution vocale, très bonne dans l’ensemble, est plutôt dominée par les hommes, avec d’abord dans le rôle-titre l’excellent Nicola Alaimo. Jeune chanteur, neveu du grand Simone, lancé par Riccardo Muti, celui-ci a déjà un métier très appréciable, et incarne un Figaro à la faconde réjouissante et à la vocalité éclatante. Rompu à la technique belcantiste, doté d’un coffre impressionnant, il est certainement l’un des grands barytons italiens de l’avenir, et régale l’auditoire à chacune de ses interventions, notamment dans un « Largo al factotum » superbement maîtrisé.

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© Jacques Croisier

On ne présente plus Bruno De Simone, référence des rôles de barbons rossiniens, Bartolo sur tant de scènes, vocalement très en forme ce soir dans une production qui lui permet de déployer pleinement tous ses talents de comédien. Almaviva est quant à lui interprété par Sergei Romanowsky, jeune ténor plein de promesses, dont les aigus sont parfois un peu couverts et trop vibrés, mais qui possède une voix extrèmment douce, au timbre ensoleillé, et qui propose un chant nuancé, aux phrasés suaves, qui fait pardonner un « Cessa di piu resistere » encore malhabile, à la réalisation technique incertaine. Enfin, n’oublions pas le truculent Carlo Lepore en Basilio, spécialement soigné par la mise en scène, qui lui un irrésistible personnage d’ecclésiastique aux allures de loubard.

Le rôle de Rosina est tenu par la soprano Sumi Jo, qui fait encore valoir une très belle technique dans son air de l’acte II, aux coloratures précises et à la variété dynamique savoureuse. Elle a cependant une certaine tendance à déséquilibrer les ensembles, son italien est assez exotique, et elle donne un « Una voce poco fa » plutôt plat et laborieux, aux aigus criés. Une prestation en demi-teinte donc, même si tout n’est pas à jeter, et l’impression qu’une bonne mezzo aurait pu se défendre tout aussi bien, et apporter un meilleur équilibre à cette distribution. Celle-ci est complétée de belle manière par Alexise Yerna, qui incarne une Berta piquante et bien chantante.

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© Jacques Croisier

C’est le directeur musical de la maison, Paolo Arrivabeni qui mène l’orchestre d’une baguette assez lourde et morose au premier acte, où des décalages se font régulièrement sentir entre scène et fosse. Sa battue se fait plus vive et plus précise au second acte, dont il mène le finale sans faire d’étincelles, mais avec efficacité et professionnalisme. On le retrouvera à la tête de son orchestre à partir du 19 avril dans Otello de Verdi.

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- Liège
- Palais-Opéra
- 15 mars 2011
- Gioacchino Rossini (1792-1868), Il Barbiere di Siviglia. Opéra en deux actes sur un livret de Cesare Sterbini
- Mise en scène et lumières, Stefano Mazzonis di Pralafera ; Décors, Jean-Guy Lecat ; Costumes, Fernand Ruiz ; Chorégraphies, Flavia Mangani
- Figaro, Nicola Alaimo ; Rosina, Sumi Jo ; Dottore Bartolo, Bruno De Simone ; Il Conte Almaviva, Sergei Romanovsky ; Don Basilio, Carlo Lepore ; Berta, Alexise Yerna ; Fiorello, Patrick Delcour ; Un Ufficiale, Marc Tissons
- Chœurs de l’Opéra Royal de Wallonie. Chef des chœurs, Marcel Seminara
- Orchestre de l’Opéra Royal de Wallonie
- Paolo Arrivabeni, direction

[1] l’Hymne de la Ville de Liège











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