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Tosca… sans Mario

jeudi 12 mai 2011 par Karine Boulanger
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Violetta Urmana, Salvatore Licitra
© Marty Sohl/Metropolitan Opera

Quelques heures après une remarquable représentation de Wozzeck, le Metropolitan Opera de New York jouait sur les contrastes avec la Tosca de Puccini, confiée à une distribution solide réunie au sein de la production de Luc Bondy, présentée sur cette scène pour la première fois en 2009.

L’ensemble bénéficie de beaux décors très plastiques, portant indéniablement la patte de Richard Peduzzi (actes I et III, notamment) et qui, bien que dans l’ensemble fidèle au contexte historique défini par le livret, lorgne parfois vers des périodes plus contemporaines. La mise en scène elle-même tire parti d’une direction d’acteurs convaincante, même si l’on peut regretter ce parti-pris de ne faire de Tosca qu’une coquette à la jalousie ridicule et prêtant à rire (acte I), tout comme le côté très « démonstratif » des turpitudes de Scarpia (acte II) qui n’apporte finalement pas grand-chose à la caractérisation du personnage.

Le trio d’artistes lyriques réunis pour la circonstance paraissait prometteur, mais a subi une altération de dernière minute avec le remplacement de James Morris, habitué de la scène new-yorkaise, par Bryn Terfel, en pleine préparation de la série des représentations de la Walkyrie et qui délivra d’ailleurs un portrait magistral de Wotan quelques jours plus tard. Le chanteur gallois s’impose en Scarpia avec une voix toujours remarquable et un chant superbe, très nuancé. L’interprète, par ailleurs bon acteur, campe un personnage foncièrement déplaisant mais plausible, ne sombrant jamais dans l’écueil d’en faire trop. Le long duo de l’acte II avec Tosca est particulièrement réussi avec un Terfel impressionnant, cruel, machiavélique, traduisant plus par le chant que par le geste le désir du personnage (« Già. Mi dicon venal »).

Face à lui, Violeta Urmana déploie des moyens enviables et prouve qu’elle dispose amplement de la voix requise pour ce rôle. Actrice sans doute moins brillante que son partenaire, elle pâtit certainement de l’idée de mettre en exergue la coquetterie de la diva au premier acte, mais elle montre son tempérament dramatique dès la fin de l’acte (« Dio mi perdona »). La voix est superbe, passant sans difficultés un orchestre pourtant parfois bruyant, et la science du chant remarquable. L’affrontement du second acte est passionnant et la chanteuse délivre un très beau « Vissi d’arte », avant de conclure ce portrait par un troisième acte irréprochable.

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Violetta Urmana, Salvatore Licitra
© Marty Sohl/Metropolitan Opera

Malheureusement, Salvatore Licitra (Mario Cavaradossi) n’est pas au même niveau. Le chanteur dispose pourtant d’une voix d’une ampleur enviable, au timbre séduisant, mais présentant des défauts d’intonation trop importants pour ne pas être dérangeants et à la ligne de chant assez peu châtiée manquant de legato. L’interprète semble pris au dépourvu dès que le rôle exige des aigus forte et ne peut alors nuancer son chant (« Recondita armonia », acte I). Il débute l’acte II comme métamorphosé, mais perd de nouveau presque tout contrôle sur les phrases de défi du « Vittoria ! Vittoria ! ». Les premières phrases du « E lucevan le stelle » montrent toutefois de belles nuances.

Les seconds rôles, avec un Paul Plishka à la faconde réjouissante en sacristain, et les chœurs sont irréprochables. A la tête de l’Orchestre au Metropolitan Opera, Marco Armiliato montre un véritable sens de la progression dramatique, avec un second acte au rythme haletant. Le chef d’orchestre privilégie des tempi vifs, au risque parfois de perdre les chœurs (final de l’acte I), mais reste attentif aux solistes.

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- New York
- Metropolitan Opera
- 16 avril 2011
- Giacomo Puccini (1858-1924), Tosca. Opéra en trois actes, livret de G. Giacosa et L. Illica d’après Victorien Sardou
- Angelotti, Richard Bernstein ; le sacristain, Paul Plishka ; Cavaradossi, Salvatore Licitra ; Tosca, Violeta Urmana ; Scarpia, Bryn Terfel ; Spoletta, Dennis Petersen ; Sciaronne, James Courtney ; pâtre, Neel Ram Nagarajan ; garde, David Crawford
- Mise en scène, Luc Bondy ; décors, Richard Peduzzi ; costumes, Milena Canonero ; lumières, Max Keller
- The Metropolitan Opera Chorus. Chef des chœurs, Donald Palumbo
- The Metropolitan Opera Orchestra
- Marco Armiliato, direction






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