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Tabea Zimmermann à Pleyel

dimanche 30 mai 2010 par Madeleine Stempin
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Tabea Zimmermann
DR

C’est sûrement la plus grande altiste du moment qui a fait l’honneur de sa présence le 19 mai dernier à la Salle Pleyel. Tabea Zimmermann était l’invitée de l’Orchestre de Paris et d’Hartmut Haenchen, le temps du Concerto pour alto et orchestre d’Alfred Schnittke. Lidice, poème symphonique de Martinu, et la Cinquième Symphonie de Beethoven étaient également à l’affiche de ce concert de haute tenue.

Hartmut Haenchen ouvre le concert avec Lidice en exprimant toute l’intensité dramatique que nous attendions dans cette musique qui dénonce la noirceur du régime nazi qui a tant meurtri la patrie de Bohuslav Martinu. L’Orchestre de Paris offre une interprétation riche en contrastes, sans perdre la tension continue propre à cette musique. Ainsi, des pianissimos doux mais profonds aux fortissimos extrêmement poignants, les musiciens conservent une masse orchestrale dense et toujours homogène. Une formidable entrée en matière !

Tabea Zimmermann fait ensuite son entrée sur scène. Dès les premières notes du Concerto pour alto de Schnittke, elle déploie un son magnifique, d’une clarté et d’une transparence surprenantes. L’acoustique de la Salle Pleyel aidant, l’altiste ose les pianissimos les plus doux sans craindre une seule fois d’être submergée par l’orchestre. La soliste mène admirablement ce concerto où de multiples ambiances se succèdent. Dans cette interprétation déterminée mais jamais dure, limpide mais structurée, Tabea Zimmermann fait preuve d’une grande intelligence musicale à travers chacune de ses phrases, chacune de ses transitions. Le travail de cohésion avec l’Orchestre de Paris est également remarquable. Les musiciens sont extrêmement présents et soutiennent la soliste à la perfection et dans les moindres détails. Enfin, Tabea Zimmermann brille par son élégance et sa simplicité sur la scène. Prodigieux, le jeu de la soliste parle de lui-même et n’a besoin d’aucun artifice. Quelle belle leçon d’alto ! Nous ne nous étonnons plus que le son de la célèbre altiste ait inspiré à Gyorgy Ligeti les sublimes pages de sa Sonate pour alto seul.

Après un court entracte, l’Orchestre de Paris et Hartmut Haenchen se lancent dans la Cinquième Symphonie de Beethoven. A l’image du reste du concert, les musiciens sont extrêmement investis et offrent une interprétation des plus dynamiques. Tout est là : les contrastes de caractères, de nuances et de masses orchestrales. L’orchestre n’a pas peur d’aller vers les extrêmes, des pianissimos les plus calmes aux fortissimos les plus fougueux ; l’œuvre est connue par cœur, mais continue à surprendre, et cette célébrissime symphonie est menée par le chef à la grande réussite.

L’Orchestre de Paris nous a bel et bien prouvé ce soir le dynamisme, la rigueur, la puissance expressive et l’élégance dont est capable un grand orchestre français.

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- Paris
- Salle Pleyel
- 19 mai 2010
- Bohuslav Martinu (1890-1959), Lidice H.296
- Alfred Schnittke (1934-1998), Concerto pour alto
- Ludwig van Beethoven (1770-1827), Symphonie n°5 en ut mineur Op.67
- Tabea Zimmermann, alto
- Orchestre de Paris
- Hartmut Haenchen, direction






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