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Stravinsky, le Rossignol et autres fables à l’Opéra de Lyon

mardi 2 novembre 2010 par Patrick Manage
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© Michael Cooper

Soirée atypique à l’Opéra de Lyon qui proposait un florilège de plusieurs courtes pièces et fables de Stravinsky. Cela change des productions d’opéra habituelles, et permet ainsi d’entendre et voir mises en scène de courtes œuvres que l’on n’entend que très peu habituellement. La production est absolument spectaculaire et chatoyante, pleine de vie et de couleurs.

La soirée est divisée en trois parties : d’abord diverses petites pièces, et ensuite les deux fables. Pour cette première partie, c’est un jeu d’ombres chinoises réalisées sous nos yeux et projetées sur un tissu blanc juste derrière l’orchestre, qui joue sur scène. Après une introduction par l’ensemble orchestral réduit dans le Ragtime, les ombres chinoises viennent illustrer les différentes œuvres chantées. Forte impression, et maîtrise des ombres, réalisées par cinq personnes sur le côté de la scène. Le résultat est très impressionnant ! Les Trois pièces pour clarinette seule viennent ponctuer les différentes œuvres. Bel accomplissement du clarinettiste solo qui, dans la première pièce notamment, nous fait entendre de très belles couleurs et des nuances tout à fait subtiles. On regrette cependant un peu que ces pièces soient utilisées pour mieux faire passer les déplacements de musiciens en arrière plan, car l’attention en salle baisse énormément à ces occasions...

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© Michael Cooper

Ensuite, la fable du Renard, chantée par deux ténors et deux barytons, est illustrée à l’arrière par un jeu de silhouette derrière le même tissu blanc qui servait auparavant à la projection des ombres. Ici, les artistes évoluent donc à moitié cachés pour imager le coq, la poule, le renard, le bouc,… Les chanteurs, devant l’orchestre, se tiennent en costumes russes et chantent debout, comme au concert. On remarque principalement le beau timbre grave et vibrant du baryton Ilya Bannik.

Enfin après un long changement de plateau (orchestre en entier et placé plus loin pour laisser de la place aux chanteurs pour la suite), on attaque la fable du Rossignol. Ici, le jeu est réalisé par des marionnettes, souvent contrôlées par les chanteurs eux-mêmes. En plus de ça, les solistes passent presque l’œuvre… les jambes à l’eau ! En effet, une cuve est disposée en avant de la scène, remplie d’eau, et les marionnettes évoluant à la fois sur l’eau et sur le bord de la scène, comme sur un quai, les solistes doivent aussi se mouiller. Mais l’effet est vraiment remarquable. On retient notamment de l’œuvre la soliste chantant le Rossignol, à savoir Olga Peretyatko, qui fait preuve d’une maîtrise absolument prodigieuse de son rôle, si difficile pourtant : vocalises dans toutes les nuances, couleurs et timbres incroyables, justesse à toute épreuve et notamment dans des pianissimi sur des notes aigües. On en reste bouche bée. En revanche on regrette parfois qu’à cause des décors surplombant le devant de la scène, on rate depuis le devant du parterre les surtitres de plusieurs parties de la pièce, et notamment au premier acte.

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© Michael Cooper

La prestation de l’orchestre est également remarquable, comme à l’habitude. L’accompagnement des chanteurs est admirable, et les solistes sont encore une fois largement à la hauteur, dont le magnifique flûtiste Julien Beaudiment, ou le bassoniste Carlo Colombo… pour ne citer qu’eux.

Une production qui a déjà fait parler d’elle au Festival d’Aix en Provence, et même déjà ici à Lyon, et qui ne manquera pas de continuer à émerveiller le public en France et à l’étranger !

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- Lyon
- Opéra
- 22 octobre 2010
- Igor Stravinsky (1883-1971),
- Petites pièces : Ragtime, pour petit orchestre ; Trois pièces pour clarinette seule – Jean-Michel Bertelli ; Pribaoutki – avec Svetlana Shilova ; Berceuses du chat – avec Svetlana Shilova ; Deux poèmes de Constantin Balmont – avec Elena Semenova ; Quatre chants paysans russes – Chœur de femmes de l’Opéra de Lyon
- Renard – Marat Gali, Edgaras Montvidas (ténors), Nabil Suliman, Ilya Bannik (barytons)
- Le Rossignol – Olga Peretyatko (le Rossignol), Elena Semenova (la Cuisinière), Svetlana Shilova (la Mort), Edgaras Montvidas (le Pêcheur), Ilya Bannik (l’Empereur de Chine), Nabil Suliman (le Chambellan), Yuri Vorobiev (le Bonze). Marionnettistes : David Bonneville, Andrea Ciacci, Noam Markus, Sean Robertson, Caroline Tanguay, Martin Vaillancourt
- Robert Lepage, Carl Fillion, mise en scène ; Michael Curry, conception des marionnettes ; Martin Genest, chorégraphie des marionnettes ; Philippe Beau, conception des ombres chinoises
- Orchestre et Chœurs de l’Opéra de Lyon
- Kazushi Ono, direction musicale











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