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Sous le regard bienveillant de Franz Liszt.

mardi 6 décembre 2011 par Christian Lorandin
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Dominique Merlet
DR

Sur la scène, le Steinway de concert et, un peu sur la gauche, dans un faisceau lumineux, un grand portrait photographique de Liszt posé sur un chevalet. Dominique Merlet s’adresse à nous pour présenter son récital en hommage au grand pianiste et compositeur dont on célèbre le bicentenaire de la naissance. « Cette photo, faite par Louis Held en 1883 à Weimar, m’a toujours suivi dans mes différentes classes. Elle prend place dans ma pièce de travail depuis de longues années, à côté de mon piano. »

Avec le naturel convainquant qui le caractérise, Dominique Merlet nous parle des pièces de son programme. La Bénédiction de Dieu dans la solitude, dont le pianiste nous lira la première strophe du texte de Lamartine qui inspira cette page sublime (« D’où me vient, ô mon Dieu ! cette paix qui m’inonde ? D’où me vient cette foi dont mon cœur surabonde ? ») se voit traduite dans toute sa portée spirituelle et poétique. Parfois interprétée de manière brumeuse et erratique, cette pièce s’articule subtilement sous les doigts de Dominique Merlet qui oppose à merveille l’aspect immatériel de la première partie, aux sonorités de harpe, et l’Andante central, d’inspiration plus incarnée.

Le Sonnet de Pétraque 104, passionné et intensément lyrique permet de faire valoir à l’interprète son grand art du legato et sa science du timbre qu’il a transmis à des générations de pianistes. Dominique Merlet nous raconte ensuite les deux Légendes comme s’il avait été témoin de ces épisodes... Sous cet angle, évidemment, la narration musicale s’éclaire davantage. L’écriture imitative de Liszt, à maints égards prophétique, notamment dans la Légende de Saint François d’Assise prêchant aux oiseaux prend des allures quasi ravéliennes par sa précision et sa pédalisation parcimonieuse tandis que la Légende de Saint François de Paul, venue de très loin et magnifiquement dosée déploie son immense crescendo de manière quasi orchestrale.

La Sonate en si mineur composait la seconde partie du concert. Dominique Merlet imprime à l’œuvre, dès le début, un ton sans appel. Silences habités, mise en mouvement de la matière musicale par les unissons sonnant comme des pizzicatos de contrebasse, déploration des gammes descendantes annoncent ces sauts d’octaves aux deux mains qui agissent comme un véritable Big Bang. Dominique Merlet semble tendre dès le début vers les accords célestes et l’ultime croche de la fin de l’œuvre ; il construit cette immense page avec toute l’énergie que requièrent ces torrents de lave, ces blocs granitiques, ces soubresauts lyriques, cette fugue frénétique, ces tendresses abandonnées.

Plus qu’un simple récital de piano, ce concert nous a permis de rencontrer un artiste auquel aucune forme d’art n’échappe et dont la passion de transmettre a conquis le nombreux public.

C’est la justesse de ton, le naturel et la beauté du son qui caractérisent le jeu de Dominique Merlet. L’interprétation est réfléchie, certes, mais elle reste spontanée. La musique est transmise en toute simplicité, de manière authentique, éclairée par les convictions et la culture que le pianiste a acquises au long de sa riche expérience. Cette communion des arts : peinture, poésie, littérature, musique, n’était-elle pas, en fait, ce qui n’a cessé d’habiter Liszt ?

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- Verneuil-sur-Seine
- Espace Maurice Béjart
- 18 novembre 2011
- Franz Liszt (1811-1886), Bénédiction de Dieu dans la solitude ; Sonnet de Pétraque 104 ; Légende de Saint François d’Assise prêchant aux oiseaux ; Légende de Saint François de Paul ; Sonate en si mineur
- Dominique Merlet, piano






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