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Soirée d’ouverture du Festival Juventus

lundi 7 juillet 2008 par Richard Letawe
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Marc Coppey, Peter Laul
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Dans un Théâtre de Cambrai fort bien rempli, le Festival Juventus prenait son envol ce jeudi avec une soirée variée et bien rythmée, consacrée à l’opéra, airs et transcriptions. Le début d’un festin musical de douze jours, selon Georges Gara, le directeur artistique de l’événement.

En étant un peu sévère, on pourrait qualifier le début de ce concert de faux départ : les variations sur « La ci darem la mano » de Robert Bochsa pour harpe sont plutôt fastidieuses, alors que le « Voi che sapete » est chanté d’une voix instable et sans rondeur, aux aigus chevrotants, par Monique Simon en méforme. Le baffle ou le projecteur, qui sait, qui vibre et fait un boucan de tous les diables, n’aide pas à apprécier ce moment.

Après quelques discours officiels, les choses sérieuses commencent enfin, et au plus haut niveau, avec les Variations de Beethoven sur le duo de la Flûte enchantée, par Marc Coppey au violoncelle et Peter Laul au piano, deux partenaires réguliers, dont le disque des sonates de Brahms va d’ailleurs sortir incessamment chez Aeon. Leur prestation est tout à fait satisfaisante : Coppey a une présence sonore forte, un jeu noble et chantant, et une sonorité variée et pleine de savoureuses couleurs, alors que Laul fait preuve autant de délicatesse que de caractère, et soigne la dynamique. Le duo est équilibré, joue simple et direct, et sera encore très à son avantage plus tard, dans les Variations Opus 66, toujours de Beethoven, toujours sur la Flûte enchantée, cette fois sur l’air de Papageno.

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Place aux ensemble de cordes pour terminer la première partie, avec Crisantemi pour quatuor [1] de Puccini, dans une lecture très sobre, sensible et pudique, menée par le premier violon lumineux de Graf Mourja. Belle lecture ensuite, frémissante, aux lignes souples, du Sextuor de Capriccio de Richard Strauss par un ensemble [2]dont l’écoute mutuelle et l’équilibre sont remarquables, et où le violon de Mourja et le violoncelle de Pauline Bartissol rivalisent de sensibilité.

Après les variations de Beethoven évoquées plus haut, deux pages populaires avec l’Ouverture et l’air de Figaro du Barbier de Séville de Rossini, dans un habile arrangement pour flûte et cordes [3] de Joseph Küffner. La flûtiste Alexandra Grot y régale l’auditoire par sa sonorité puissante et son brio technique, et l’accompagnement de ses partenaires est vif et élégant.

Le concert se termine en apothéose avec les Réminescences d’après Don Giovanni de Franz Liszt. Les deux pianistes en sont Aleksandar Mazdar, lauréat Juventus de la première heure, et Julien Libeer, qui sera désigné cette saison. Ils livrent de ces paraphrases lisztiennes une version d’une grande tenue, dans laquelle le chant ne cède pas face à la flamboyance sonore et la virtuosité.

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- Cambrai
- Théâtre municipal
- 03 juillet 2008
- Robert Nicolas Charles Bochsa (1789-1856), Fantaisie et Variations pour harpe sur le duo « la ci darem la mano » de Don Giovanni de Mozart ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Air de Chérubin « Voi che sapete » des Nozze di Figaro ; Ludwig Van Beethoven (1770-1827), Sept variations pour violoncelle et piano en Mi bémol majeur sur « Bei Männern, welche Liebe fühlen » de la Flûte enchantée de Mozart WoO46, Douze variations pour violoncelle et piano en Fa majeur sur « Ein Mädchen oder Weibchen » de la Flûte enchantée de Mozart Op.66 ; Giacomo Puccini (1858-1924), Crisantemi pour quatuor à cordes en ut dièse mineur ; Richard Strauss (1864-1949), Sextuor à cordes en Fa majeur tiré de Capriccio ; Gioachino Rossini (1792-1868), Ouverture et air de Figaro du Barbier de Séville, arrangement pour flûte, violon, alto et violoncelle par Joseph Küffner (1776-1856) ; Franz Liszt (1811-1886), Réminescences d’après Don Giovanni de Mozart pour deux pianos
- Graf Mourja, Jana Vonaskova-Novakova, violon
- Nathan Braude, David Gaillard, Anna Kreetta Turunen-Gribajcevic, alto
- Pauline Bartissol, Marc Coppey, Valentin Radutiu, violoncelle
- Alexandra Grot, flûte
- Jana Bouskova, harpe
- Monique Simon, Mezzo-soprano
- Aleksandar Madzar, Peter Laul, Julien Libeer, piano

[1Mourja, Vonaskova-Novakova, Gaillard, Bartissol

[2Mourja, Vonaskova-Novakova, Turunen-Gribajcevic, Braude, Radutiu, Bartissol

[3Grot, Mourja, Gaillard, Bartissol






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