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Cambrai

Soirée clarinette

Festival Juventus
samedi 24 novembre 2007 par Richard Letawe

Encore un concert au programme original ce soir au Festival Juventus, qui proposait une belle série de raretés, et était organisé autour de la présence du clarinettiste belge Ronald Van Spaendonck.

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Ronald Van Spaendonck
DR

On commence par quatre pièces tirées de l’Opus 83 de Max Bruch, pour violoncelle, clarinette et piano. Dans ces pièces injustement négligées, Bruch utilise de façon très sûre les possibilités sonores de cette combinaison instrumentale, et crée des œuvres au climat intimiste et chaleureux, très équilibrées, et pleines d’émotion. Le plus souvent, il confie l’essentiel de l’expressivité au violoncelle, pour lequel il compose de belles et longues tirades. Ces tourments sont apaisés par les lumineuses interventions de la clarinette, alors que le piano, plus effacé, ponctue et soutient ses partenaires. On en retiendra plus particulièrement la première, un bel Andante, sobre et profond, et la troisième, Andante con moto en ut mineur, qui débute par une longue introduction au climat pathétique dans laquelle violoncelle et piano font assaut de dramatisme. Vient ensuite un épisode doux et pénétrant mené par la clarinette. Violoncelle et clarinette se rejoignent ensuite pour une magnifique conclusion, apaisée et fraternelle, qui n’est pas sans évoquer le deuxième mouvement du double concerto de Brahms.

Ronald Van Spaendonck est ici accompagné par la violoncelliste Françoise Groben et le pianiste Peter Laul, qui sont ensuite remplacés par Graf Mourja et Alexandre Tharaud pour la Suite pour violon, clarinette et piano Opus 157 b de Darius Milhaud. Cette œuvre colorée et pétillante, pleine de fantaisie est parfaitement défendue par ses interprètes, qui en exaltent les parfums et les rythmes provençaux. On enchaîne ensuite avec la version pour clarinette et piano de Scaramouche du même Milhaud. Ici encore, la clarinette pimpante et volubile de Van Spaendonck se marie à merveille avec le piano vif et délié de Tharaud.

Musicologue et professeur, Maurice Emmanuel est un compositeur qui n’a jamais été reconnu à sa juste valeur, ni de son vivant ni après son décès. Il laisse pourtant un catalogue de qualité, dont nous apprécions ici la sonate pour flûte, clarinette et piano. C’est une pièce radieuse et bucolique, de facture classique, aux sonorités douces et fraîches et à l’harmonie subtile. Le premier mouvement évoque une promenade qu’on effectuerait d’un pas vif au grand matin, le mouvement lent est un Adagio recueilli, au climat nocturne, d’une remarquable économie de moyens, et le finale, Molto allegro e leggierissimo est enjoué, simple et délicat. cette œuvre à la combinaison instrumentale inhabituelle est bien défendue par les musiciens, qui ont néanmoins quelques problèmes d’équilibre sonore, la flûte d’Alexandra Grot alliée au piano de Peter Laul ayant tendance à masquer la clarinette.

Le dernier changement de pianiste de la soirée coïncide avec la seule partie solo du programme. Alexandre Tharaud magnifie avec son toucher léger, et sa fine sonorité, quelques uns des rêveurs et un peu amers Saudades do Brazil de Milhaud, qu’il enregistra pour Naxos au début de sa carrière.
La dernière partie permet d’entendre avec Alexandre Tharaud, Françoise Groben et Ronald Van Spaendonck la réunion de trois lauréats de la toute première édition de Juventus en 1991, qui se tenait à l’époque à Arc et Senans. Depuis lors, ces trois musiciens n’ont pas raté une seule session du festival, et font partie des piliers de celui-ci. Ils en terminent avec la suite et fin des ravissantes pièces de l’Opus 83 de Bruch, qui sont certainement, avec la sonate de Maurice Emmanuel, une des découvertes les plus enthousiasmantes de ce festival.

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-Cambrai
- Théâtre Municipal
- 09 juillet 2007
- Max Bruch (1838-1920), huit pièces pour violoncelle, clarinette et piano Op.83
- Darius Milhaud (1892-1947), Suite pour violoncelle, clarinette et piano Op.157b ; Scaramouche Op.165 ; Saudades do Brazil Op.67 n°7,9,11 et 6
- Maurice Emmanuel (1862-1938), Sonate pour flûte, clarinette et piano Op.11
- Maurice Ravel (1875-1937), Habanera, transcription pour violoncelle, clarinette et piano
- Peter Laul, Alexandre Tharaud, piano ; Graf Mourja, violon ; Françoise Groben, violoncelle ; Alexandra Grot, flûte ; Ronald Van Spaendonck, clarinette






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