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Simone Young dans l’effort avec l’Orchestre National de Lyon

jeudi 24 novembre 2011 par Patrick Manage
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Simone Young
©Earl Carter

Ce soir encore une fois, l’orchestre n’a malheureusement pas eu toutes les cartes en main afin d’être au meilleur de sa forme. Si le programme est alléchant avec le somptueux Bruckner, Simone Young, avec sa direction plutôt acrobatique, manque d’un peu de précision et de clarté dans sa gestique, mais aussi de légèreté.

Si le Concerto n°2 de Bartók n’est pas facile à l’écoute, vu la complexité de l’écriture, il en est de même pour l’interpréter. David Grimal nous a donné ici une version tout à fait techniquement parfaite de l’œuvre, donnant tout son talent pour la musique. En revanche pour l’accompagner, Simone Young - assurément talentueuse vu la quantité d’informations qu’elle parvient à faire passer dans ses gestes - s’obstine surtout à bien battre la mesure en martelant la pulsation à la baguette. En résulte une certaine lourdeur dans la sonorité de l’orchestre, un manque de finesse et de légèreté. Cela ne rend pas l’écoute vraiment aisée, et la musique manque au final de clarté. L’écriture de Bartok est effectivement complexe à tous les niveaux (harmonique, mélodique, rythmique), et le résultat donne parfois l’impression d’un fouillis, sans vraiment servir le soliste.

Ainsi, ce n’est pas sans crainte que l’on voit arriver la Symphonie n°9 de Bruckner. Heureuse surprise pourtant, et l’on évite une lecture qui aurait pu se révéler ennuyeuse. Bien que l’on ne comprenne pas vraiment comment Simone Young se retrouve en équilibre sur un pied ou l’autre à une telle fréquence, le travail qu’elle a effectué avec l’orchestre est néanmoins excellent. Les sonorités sont pleines et chaleureuses, évidemment très cuivrées - c’est de circonstance. On retrouve néanmoins un peu de lourdeur dans la direction (et décidément, il y a vraiment des moments où c’est dépenser bien plus d’énergie que nécessaire...), mais les musiciens en sont moins influencés que dans la première partie. Le manque de précision dans les attaques est parfois un peu gênant, ainsi que l’intonation inégale notamment de la petite harmonie. Certains passages nous font presque sursauter ! C’est un peu dommage…

Malgré ces bémols, on garde néanmoins un bon souvenir de la soirée grâce à la grandeur et à la majesté de la musique de Bruckner. Les cuivres de l’ONL nous ont montré ce soir leur maîtrise, dans la puissance mais aussi dans la finesse de jeu au cours des passages qui le nécessitaient.

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- Lyon
- Auditorium
- 10 novembre 2011
- Béla Bartók (1881-1945), Concerto pour violon n°2
- Anton Bruckner (1824-1896), Symphonie n°9 en ré mineur
- David Grimal, violon
- Orchestre National de Lyon
- Simone Young, direction











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