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Si le déluge m’était conté….

mercredi 12 octobre 2011 par Cyril Brun
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Léonardo Garcia Alarcon
DR

Le Festival d’Ambronay était en visite à Toulon avec Il Diluvio universale de Michelangelo Falvetti. Voilà une partition rare, peu jouée et qui pourtant gagnerait à être plus connue. Quelles richesses, quels incroyables jeux d’écriture, faits de surprise et de diversité. Un baroque subtilement scénique. Loin des poncifs habituels d’un certain baroque décoratif, la musique, à elle seule est une mise en scène. Du reste la très relative mise en espace du concert n’a pas nui à l’évocation scénique que porte toute la partition. Il n’en fallait pas plus, tout était déjà sur la portée, pour peu que l’ensemble musical lui donne vie. Et ce fut sans conteste ce que la Cappella Mediterranea, le chœur de chambre de Namur et les solistes, ont eu à cœur. Certes il y eut, comme souvent, un léger temps d’adaptation et il fallut attendre quelques longues minutes avant que l’équilibre ne se fasse entre l’ensemble et les solistes. Mais sans répétition préalable in situ, cela était inévitable.

Oui vraiment, ce qui surprenait dans cette page baroque, incontestablement baroque et interprétée résolument comme telle, c’était bien la vie qui en ressortait. Ce n’était pas une succession de tableaux ou de numéros, mais bien le déroulement d’une histoire illustrée musicalement. Tout y était. On retrouvait les systèmes mozartiens de mise en relief instrumentale, les jeux d’épaisseur instrumentale d’un Haydn, sans tomber aucunement dans l’émotionnel romantique. Le déluge nous est narré, dans sa vérité brute et brutale, à chacun d’entrer ou non dans l’histoire. Mais personne ne pouvait dire ne pas avoir assisté au déluge noachique. Un grand moment d’évocation musicale, presqu’un poème symphonique ! Il n’est pas un des quatre éléments qui n’ait été sollicité.

Falvetti n’a ménagé aucun effet, négligé aucun recours à la vaste palette du jeu musical. Un véritable feu d’artifice de séquences originales. Un jeu d’effets digne des symphonies de Haydn avec une grande unité. Les liaisons entre toutes les séquences musicales étaient elles-mêmes des séquences à part entière ; sans compter sur les jeux vocaux, les expressions de voix ou onomatopées. Bref, une page injustement méconnue et admirablement servie, dont quelques accents ne sont pas sans rappeler un certain baroque jésuite.

En revanche, si ce dialogue fut admirablement servi, comment qualifier le dérapage final ? Pourquoi, un ensemble si instrumentalement et vocalement typé, s’est-il entiché de donner en bis … Falstaff de Verdi ? Autant le déluge était un enchantement, autant ce pauvre Verdi fut massacré. Quel dommage d’avoir ainsi maladroitement conclu !

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- Toulon
- Cathédrale Notre Dame de la Seds
- 03 octobre 2011
- Michel Angelo Falvetti (1642-1692), Il Diluvio universale
- Noé, Fernando Guimaraes ; Rad, Mariana Flores ; La justice divine, Evelyn Ramirez Munoz ; La mort, Fabian Schofrin ; L’eau, Magalie Arnaud ; L’air et la nature humaine, Caroline Weynants ; Le feu, Thibaut Lenaerts ; La terre, Benoît Giaux
- Chœur de chambre de Namur
- Cappella Mediterranea
- Léonardo Garcia Alarcon, direction






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