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Schubertiade sur la 57ème rue

mercredi 22 avril 2009 par Thomas Deneuville
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Ian Bostridge
DR

Un moment d’intimité rare nous fut offert dans le Stern Auditorium de Carnegie Hall à l’occasion de cette soirée consacrée aux Lieder de Schubert.

On ne peut pas dire qu’une soirée de Lieder, exclusivement de Schubert, soit chose courante dans les programmes des salles New Yorkaises. L’excitation était donc palpable ce soir-là, et Ian Bostridge, accompagné de Julius Drake, s’apprêtait à combler nos attentes.

Assis tranquillement sur la pente de la colline, Je vois le ciel si clair, La brise joue dans la verte vallée. C’est là qu’aux premiers rayons printaniers J’étais alors si heureux, hélas. [1].

Les premiers vers de « Im Frühling » D882 (Au printemps) donnaient, en quelques mesures le ton de la soirée : une invitation aigre-douce à l’introspection, la méditation sur des thèmes profondément humains et donc universels. En effet, au-delà de la considération musicale accordée au choix des Lieder et de leur ordre, c’est le souci tout littéraire qui dominait le programme. Les thèmes classiques du Lied y étaient abordés : l’amour (« Über Wildemann » D884, « Dass sie hier gewesen » D775), le chagrin (« Tiefes Lied » D876), la mort aussi (« Totengräbers Heimweh » D842, « Ins stille Land » D403), puis la nature (« Der liebliche Stern » D861, « Die Forelle » D550, « Im Walde » (Waldesnacht), D708) et la solitude (« Auf der Bruck » D853). Au total vingt Lieder, en deux parties.

Sur le plan vocal, Ian Bostridge semblait à l’aise dans une salle que d’aucuns pourraient juger trop grande pour du Lied. Même si parfois les graves projetaient peu (notamment sur « Auf der Bruck »), l’ensemble était généralement très homogène et flexible. Ses aigus, éthérés, hantaient admirablement la partition de Schubert. Scéniquement, le ténor était pour le moins surprenant : tout à fait à l’aise avec son corps longiligne, il donnait une dimension théâtrale (certes relative) que l’on n’attendait pas dans un tel récital. Nullement limité par l’échancrure du Steinway Grand, il évoluait librement au fil des différents personnages qu’il se plaisait à incarner. On le vit quelquefois se tenir d’une main au piano, sur un pied, tel un équilibriste, ou marcher les mains dans les poches …

La grande complicité avec l’excellent Julius Drake ajoutait également au plaisir que le public éprouvait très visiblement. Le duo nous gratifiait, enfin, de trois encore (dont le favori « Heidenröslein » D257) avant de quitter la scène.

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- New York
- Carnegie Hall (Stern Auditorium/Perelman Stage)
- 28 Mars 2009
- Franz Schubert (1797-1928), Lieder
- Ian Bostridge, Ténor
- Julius Drake, Piano











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