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Lille

Sans concession

Orchestre National de Lille
samedi 17 novembre 2007 par Richard Letawe

Avant de partir en tournée en Chine, l’Orchestre National de Lille avait encore un concert à jouer, sous la baguette de Dmitri Kitaenko, chef russe, vainqueur en 1969 du Concours de direction Herbert von Karajan, et ancien directeur musical de l’Orchestre Philharmonique de Moscou, de l’Orchestre de la Radio Hessoise, et du Philharmonique de Bergen.

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Dmitri Kitaenko
DR

Kitaenko est indiscutablement un chef qui a une aura, de la présence, et qui impose sa personnalité aux orchestres qu’il dirige, avec une battue claire, élégante, et très agréable à contempler. Il prend beaucoup de libertés avec la symphonie n°39 de Mozart, en étirant le tempo, pour un résultat assez surprenant, et partiellement convaincant. Il prend la mesure des deux premiers mouvements, qu’il assombrit fortement, avec un adagio introductif lent, massif et inquiétant, suivi d’un Allegro puissant et retenu, qui en impose par une carrure un peu intimidante. L’Andante, très amer, est pris à un tempo assez lent, et se distingue par des phrasés longs et éloquents. Le résultat est moins intéressant dans les deux mouvements suivants : le savoureux menuet manque de rebond et d’assise rythmique, alors que l’articulation du finale n’est pas assez nette, et son rythme un peu lourd.

La deuxième partie permet d’entendre Kitaenko dans un répertoire auquel on l’associe plus volontiers, avec la symphonie n°5 de Tchaïkovski. Il en donne une version très idiomatique, au style direct et sans arrière-pensée, aux passions assumées sans complexe, mais qui ne sombre ni dans un sentimentalisme de mauvais goût, ni dans une démonstration de pompiérisme bruyant. « A fond, mais sans exagérer » pourrait donc être la devise de cette interprétation pleine de naturel, que le chef conduit dans des tempi modérés, comme dans Mozart, mais qu’il habite de façon bien plus convaincante. Le premier mouvement est superbement construit, attaqué avec fougue et puissance, avant un andante cantabile poignant : phrasés chaleureux, respiration toute naturelle, et un cor solo qui flirte avec le sublime. Après ce sommet d’émotion, la valse du troisième mouvement est d’une légèreté et d’une fluidité bienvenues, qui prépare un dernier mouvement flamboyant et triomphal, dense sans être pesant, bien mené, et conclu par une coda au souffle impressionnant.

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- Lille
- Nouveau Siècle
- 03 mai 2007
- Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Symphonie n°39 en Mi bémol majeur KV543
- Piotr Illitch Tchaïkovski (1840-1893), Symphonie n°5 en mi mineur Op.64
- Orchestre National de Lille
- Dmitri Kitaenko, direction











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