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SOV 2009-2010 : Ouverture cosaque

mercredi 11 novembre 2009 par Richard Letawe
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Ning Kam
© NingKam.com

Nous entendons ce premier programme de la saison régulière du Symfonieorkest Vlaanderen dans un Palais des Beaux Arts de Bruxelles honorablement garni. Un programme dirigé par Etienne Siebens, stimulant et original, qu’on pourrait placer sous le signe du chiffre 2 : deux ouvertures de Beethoven, la Deuxième symphonie de Borodine, le concerto pour violon n°2 de Bartok, dont la soliste est Ning Kam, qui fut deuxième lauréate du Concours Reine Elisabeth en 2001.

Le concert débute par une ouverture Coriolan efficace et bien enlevée, mais assez sèche et froide, et manquant de véhémence et d’élan dramatique. En seconde partie, Egmont souffre des mêmes maux, un excès de rigueur et de contrôle, qui tue le dramatisme de la pièce, et aboutit à une lecture sans enjeu, par un orchestre décharné, dans laquelle le finale victorieux semble plaqué là, sans relation avec ce qui précède, sans provoquer d’exaltation libératrice chez l’auditeur.

Les deux ouvertures n’ont donc pas convaincu. En revanche, les deux pièces de résistances connaissent un traitement bien plus heureux, avec d’abord un très beau concerto n°2 de Bartok, œuvre que Ning Kam avait choisie de jouer dans les mêmes lieux, lors du Reine Elisabeth. Elle y réussit une prestation sans faute. Malgré une sonorité un peu rude, son jeu brillant et fougueux est particulièrement séduisant dans le premier mouvement, dont la cadence est superbement maîtrisée. Les attaques sont franches et directes, l’intonation toujours très sûre, le contrôle de l’archet dans le début du deuxième mouvement est souverain, de même que la pureté des aigus. Enfin, elle donne un dernier mouvement très coloré et engagé, qui laisse une merveilleuse impression de liberté et d’improvisation.

Tout au long de ce concerto, la soliste a pu faire preuve d’une agilité et d’une virtuosité triomphantes, sans perdre de vue la continuité du discours, ne transformant jamais sa partie en un numéro d’esbroufe. Très fringant, l’orchestre réalise lui aussi un très beau travail, conduit par un Etienne Siebens au geste tranchant et sûr. Tous les pupitres sont mobilisés : corde agiles et résolues, bois affutés, cuivres conquérants ; une prestation orchestrale à la hauteur de celle de la violoniste.

On reste à un très haut niveau d’excellence pour la dernière œuvre de la soirée, la Symphonie n°2 de Borodine, dont Etienne Siebens et ses troupes livrent une version électrisante et singulière. Loin de la lourdeur pompeuse qu’on y met trop souvent, le premier mouvement est abordé avec une ardeur et une véhémence communicatives. Les phrasés sont abrupts, l’articulation courte, les tempi très rapides ; déchaîné, l’orchestre emporte tout sur son passage dans une furie qu’on pourrait qualifier de cosaque. Le Scherzo ensuite est animé avec une légèreté et une vivacité réjouissantes, contrastant avec un Andante qui prend le temps d’être phrasé avec amour et chaleur, laissant une magnifique impression de nostalgie et de douceur. Après ce magnifique interlude, le finale retrouve tout l’élan frénétique du premier mouvement, conquérant et énergique, il ne sombre pourtant jamais dans la brutalité, et reste parfaitement intelligible.

Après un concert de fin d’été un peu mou, le SOV a retrouvé toute sa verve sous la direction de son chef titulaire. On le retrouvera en tournée du 19 au 29 novembre entre Bruxelles et Anvers, dirigé par Seyko Kim. Au programme : Suite en la majeur de Dvorak, Variations Enigma de Elgar et Symphonie pour violoncelle et orchestre de Britten par Pieter Wispelwey.

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- Bruxelles
- Palais des Beaux Arts
- 15 octobre 2009
- Ludwig Van Beethoven (1770-1827), Ouvertures Coriolan Op.62 ; Egmont Op.84
- Béla Bartók (1881-1945), Concerto pour violon n°2 Sz 112
- Alexandre Porfirievitch Borodine (1833-1887), Symphonie n°2 en si mineur
- Ning Kam, violon
- SymfonieOrkest Vlaanderen
- Etienne Siebens, direction






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