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Requiem de Dvorak à Bruxelles

jeudi 20 mars 2008 par Richard Letawe
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Walter Weller
SNS Group

L’Orchestre National de Belgique revit en cette première saison officielle du mandat de Walter Weller. Le niveau artistique est en hausse, les programmes sont variés, l’orchestre a repris le chemin des studios avec succès, et la critique est souvent très positive.

Le public n’est pas encore tout à fait au rendez vous- une œuvre comme le Requiem de Dvorak, qu’on ne joue pas tous les jours, aurait dû attirer plus de monde- mais il est clair que le cap suivi est le bon.

Dvorak donc ce soir au programme, que Walter Weller, en vrai mitteleuropéen, connaît comme sa poche. Sa conception du Requiem est des plus pertinentes : malgré les gros bataillons à sa disposition, Weller donne une version simple, pondéré, humble et fervente, refusant le spectacle et les effets faciles. Plutôt que de manier les masses, il fait de la musique de chambre à grande échelle, rendant la polyphonie de l’œuvre parfaitement lisible. Ses tempi sont modérés, sans s’enliser, et les textures légères de son orchestre ne manquent jamais de puissance.

Il a à sa disposition le Chœur Philharmonique de Brno, la meilleure formation chorale tchèque, qui est évidemment parfaitement à l’aise dans ce répertoire. Le chœur se distingue par la beauté très typée de ses voix, et par sa lisibilité, même dans les pages les plus complexes, comme le Dies Irae, dont les parties sont magnifiquement équilibrées. Le seul petit reproche à lui faire se situe chez les basses, qui cultivent parfois un style de voix d’outre-tombe qui n’est pas du meilleur effet.

Trois des quatre solistes vocaux sont tchèques, et ce quatuor est plutôt satisfaisant, même si les messieurs font meilleure impression que les dames. Peter Straka tient la partie très exposée de ténor. La voix est puissante et joliment timbrée, la projection est excellente, et le style est très pur, autoritaire (cf Quid sum miser, à l’impact impressionnant), et sans affectation. Quelques aigus un peu tirés sont donc de peu de conséquence au regard de cette superbe prestation. Autoritaire, Christopher Maltmann l’est autant que son collègue ténor. Le timbre est en outre agréable, le chant est simple, et l’interprète nous épargne une grandiloquence qui n’est pas de mise dans cette œuvre. Les deux dames sont moins à leur affaire : Dagmar Peckova est très engagée comme d’habitude, et donne beaucoup de relief à son chant, mais elle n’a pas les graves qu’exige sa partie : elle force, poitrine, au point d’être parfois douloureuse. Quant à Katerina Beranova, elle est une véritable erreur de distribution. Soprano à l’émission très nasale, aux aigus sans éclats et au style emphatique, elle ne convainc absolument pas, et a beaucoup de mal à passer la barrière de l’orchestre, qui joue pourtant tout en finesse.

L’ONB est en pleine forme, et malgré un léger manque de cohésion, et quelques imprécisions, l’impression laissée à l’auditeur est très positive, grâce à quelques pupitres en verve : les bois, des cuivres très sobres, et Alexei Moshko, le concertmeister qui donne un solo très intense dans l’Hostias.

Ce beau concert, à l’émotion très palpable, se termine par de nombreuses ovations, pour le chœur, pour les solistes et l’orchestre, et surtout pour Walter Weller, qui a donné ce soir une vraie leçon de musique.

Walter Weller et l’ONB joueront le 06 juillet prochain aux Flâneries musicales de Reims.

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- Bruxelles
- Palais des Beaux Arts
- 14 mars 2008
- Antonin Dvorak (1841-1904), Requiem Op.89
- Katerina Beranova, soprano ; Dagmar Peckova, mezzo ; Peter Straka, ténor ; Christopher Maltman, baryton
- Chœur Philharmonique Tchèque, Brno ; Chef de chœur, Piotr Fiala
- Orchestre National de Belgique
- Walter Weller, direction











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