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Reprise des Brigands à l’Opéra Comique

mardi 12 juillet 2011 par Gilles Charlassier
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© Pierre Grosbois

Dernière production de la saison de l’Opéra Comique, ultime fruit de la collaboration d’Offenbach avec Meilhac et Halévy, Les Brigands reviennent sur la scène de Favart dans les atours de la première production lyrique des intendants du théâtre, Jérôme Deschamps et Macha Makaïeff, créée en 1992 à Amsterdam et reprise à l’Opéra Bastille l’année suivante.

Ecrits en 1869, Les Brigands se présentent comme un épitomé des recettes qui ont fait le succès de l’amuseur officiel du Second Empire. L’argument est le suivant : Falsacappa, chef de brigands à la terrible renommée, tombant sur un courrier de la cour de Grenade destiné à celle de Mantoue, substitue le portrait de sa fille à celui de la princesse espagnole, escomptant ainsi récupérer la dot de trois millions. A la frontière entre l’Italie et l’Espagne, après avoir vêtu les déguisements successifs des aubergistes, des carabiniers et des espagnols, les brigands seront découverts lorsque le caissier de Mantoue arrive la bourse vidée par ses aventures féminines. Fiorella, la fille de Falsacappa, intercèdera auprès du duc de Mantoue qu’elle avait sauvé des hommes de son père à l’acte I, et pourra convoler avec Fragoletto, le paysan devenu bandit par amour pour sa belle.

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© Pierre Grosbois

La partition, empruntant sans complexe au fonds du répertoire de Maître Jacques, a la caricature facile. A la tradition savante, en tant qu’objet de parodie, à l’instar d’Orphée aux enfers, se substitue ici celle de l’opéra-bouffe. Les dialogues parlés ont parfois été réécrits pour rendre plus accessible la trivialité d’hier à celle d’aujourd’hui. Les bottes des carabiniers, arrivant toujours trop tard, ou encore « les vrais Espagnols qui se distinguent des faux », répétés à l’envi, quémandent les rires du public, n’hésitant pas à forcer le trait avec un copieux assaisonnement de zetas pour rendre l’espagnolade encore plus grosse que nature. Au royaume du boulevard, le format de la ficelle n’est jamais excessif.

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© Pierre Grosbois

Les décors et la direction d’acteurs versent sans rougir dans le divertissement débonnaire, teinté d’exotisme de pacotille – montagnes de carton-pâte, défilés parodiant sans doute les Willis de Giselle, déguisements de fortune, éruption volcanique pour cotillonner le tout. Les zygomatiques sont davantage sollicités que la matière grise, qui n’a rien d’autre à faire qu’à se mettre aux couleurs du plateau.

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© Pierre Grosbois

Pour servir cette farce, on a fait appel à l’esprit de troupe, où le chanteur ne prend jamais l’ascendant sur l’acteur. Eric Huchet, Falsacappa étend son autorité sympathique sur ses hommes. Sa fille, Fiorella, prend les atours de la voix claire de Daphné Touchais, aimable dans sa fraîcheur. Julie Boulianne fait montre d’un travesti très caractérisé, au médium plus saillant que la projection, adéquate à l’acoustique favorable de Favart. Franck Leguérinel ne dépare nullement en Pietro. On ne citera pas tous les rôles secondaires. Retenons la princesse de Grenade typée et un rien décatie de Michèle Lagrange, ou encore Loïc Felix en caissier du duc, Antonio. Déjà associé aux résurrections du Centre de musique romantique française de la fondation du Palazetto Bru Zane, l’Orchestre Les Siècles fait ressortir la vigueur de cette musique, sous la baguette enjouée de François-Xavier Roth. Le Chœur de l’Opéra de Toulon, de même que les comédiens, participent à la consistance de la soirée.

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- Paris
- Opéra Comique
- 22 juin 2011
- Jacques Offenbach (1819-1880), Les Brigands. Opéra bouffe en trois actes. Livret d’Henri Meilhac et de Ludovic Halévy
- Mise en scène, Macha Makeïeff et Jérôme Deschamps ; Costumes, Macha Makeïeff ; Lumières, Marie-Christine Soma ; Assistant mise en scène, Pierre-Emmanuel Rousseau ; Assistant costumes, Véronique Grand
- Falsacappa, Eric Huchet ; Fragoletto, Julie Boulianne ; Fiorella, Daphné Touchais ; Pietro, Franck Leguérinel ; Le Comte de Gloria Cassis, Philippe Talbot ; Le Baron de Campo Tasso, Francis Dudziak ; Le Prince (Duc de Mantoue), Martial Defontaine ; Le Chef des carabiniers, Fernand Bernadi ; Antonio, caissier du prince, Loïc Félix ; Carmagnola, Léonard Pezzino ; Domino, Thomas Morris ; Barbavano, Antoine Garcin ; Pipo, Jean-Marc Martinez ; Adolphe de Valladolid, un page, Marc Molomot ; Princesse de Grenade, Michèle Lagrange ;
Zerlina, La Duchesse, Christine Rigaud ; Le Précepteur, Ronan Debois
- Comédiens : Nicole Monestier, Laurent Delvert, Luc Tremblais, Robert Horn, François Toumarkine, Jean-Claude Bolle-Reddat, Jean-Marc Bihour
- Chœurs de l’Opéra de Toulon
- Orchestre Les Siècles
- François-Xavier Roth, direction






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