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Reflets d’Espagne, Aldo Ciccolini à Monte-Carlo

mercredi 10 décembre 2008 par Cyril Brun
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Aldo Ciccolini
DR

A-t-on ce soir joué Ravel, Schumann, Revueltas ou Ciccolini ? Certainement les quatre et le public qui par quatre fois s’est levé en signe de tendre respect pour à la fois féliciter mais aussi remercier Aldo Ciccolini ne s’y est pas trompé. Si le pas est bien celui lent et tranquille d’un octogénaire, les doigts sont restés ceux d’un jeune homme impétueux.

Le contraste était saisissant entre le vieil homme arrivant voûté au piano et la fluidité d’un jeu que l’on sait désormais très personnel. C’est le moins que l’on puisse dire en tout cas de son interprétation de la toccata du Tombeau de Couperin de Ravel, joué en Bis. Force, puissance et rapidité sont désormais les nouveaux qualificatifs de cette œuvre à laquelle Ciccolini a donné comme une nouvelle vie, bien que cette interprétation soit tout de même fort loin de l’esprit néo-classique du Tombeau.

C’est avec la même liberté que donnent la sagesse et la reconnaissance unanime, que Ciccolini s’est approprié le Concerto pour piano en la mineur de Schumann. Cette fois-ci résolument romantique, le pianiste sut faire vivre les moindres altérations et donner son relief à chaque recoin de la partition, suivi en cela par un orchestre dont il faut louer la précision d’ensemble. S’il est vrai que par moments, notamment dans le second mouvement, on pouvait repérer deux lignes d’interprétation (celle de l’orchestre étant plus empreinte de classicisme), le soliste tissait sa partition dans les fils même de l’orchestre, à moins que ce ne soit l’inverse... Ils se sont tellement harmonisés qu’il devenait difficile parfois de les distinguer, au point qu’il ne semblait subsister qu’un seul instrument.

L’orchestre lui-même, à de très rares exceptions près, n’était qu’un même instrument joué par Miguel Harth-Bedoya. Unité des sonorités, des timbres, des nuances, des accords, particulièrement sensible dans cet extraordinaire tapis d’altos de la rapsodie, sur lequel les vents et les percussions venaient se poser. Il faut d’une manière générale souligner l’exceptionnelle qualité des cordes, d’une rare finesse et homogénéité. Pas un accroc d’archet, une parure de soie qui a revêtu toute la soirée. Si les cordes monégasques se sont livrées avec finesse et raffinement, le pupitre de percussions n’était pas en reste. Que ce soit dans la rapsodie et bien plus encore dans les déchaînements maya, elles rivalisaient de précision et de dextérité pour littéralement enflammer la salle qui pourtant n’aurait pas cru pouvoir, après Ciccolini, être transportée encore plus haut vers l’excellence. Une de ces trop rares soirées d’exception où l’excellence prend corps.

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- Monte-Carlo
- Auditorium Rainier III
- 07 décembre 2008
- Maurice Ravel (1875-1937), Rapsodie Espagnole
- Robert Schumann (1810-1856), Concerto pour piano en la mineur Op.54
- Silvestre Revueltas (1899-1940), La Noche de los Mayas
- Aldo Ciccolini, piano
- Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo
- Miguel Harth-Bedoya, direction






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