ClassiqueInfo.com




Récital de Soile Isokoski à Toulouse

lundi 23 mars 2009 par Karine Boulanger
JPEG - 22.4 ko
Soile Isokoski
©Heikki Tuuli

Il est des artistes qui arrivent à toucher immédiatement le cœur des auditeurs, dont l’art est si souverain que tout artifice paraît banni et où seuls semblent régner le naturel, l’émotion immédiate et sans apprêts.

Le récital offert par Soile Isokoski à Toulouse fut un véritable miracle d’équilibre, entre chant pur et interprétation. Le programme, très riche, comportait deux cycles de mélodies donnés dans leur intégralité (six Lieder de Grieg, op. 48 et On this island, op. 11 de Britten), mettant en exergue, comme toujours avec cette artiste, un compositeur finlandais (Toivo Kuula) et proposant quelques Lieder de compositeurs faisant partie des piliers du répertoire de la soprano (Brahms et Strauss).

On ne sait que louer le plus. La voix est magnifique, l’artiste disposant d’un sens de la ligne étonnant, d’une longueur de souffle remarquable, d’une rare homogénéité des différents registres (les graves n’étant appuyés que lorsque le texte le requiert) et d’aigus éblouissants de luminosité, de plénitude et d’une intonation parfaite. L’interprète dispose d’une palette de couleurs étonnante mise au service d’une intelligence très fine du texte (avec une diction superlative), et sait varier avec la plus grande subtilité les climats et les états d’âme. L’émotion est palpable et la chanteuse parvient à toucher avec très peu d’effets : quelques gestes, mais un visage et un regard qui se font le miroir des sentiments de la chanteuse avec la plus grande intensité.

Il serait difficile, dans ces conditions de détailler chaque Lied et chaque mélodie, arrivé à un tel degré d’accomplissement. L’entente entre chanteuse et accompagnatrice est parfaite, l’une étant perpétuellement à l’écoute de l’autre, suggérant des climats immédiatement reflétés sur le visage de la chanteuse. Sans doute plus marquants, aux côtés des œuvres de Strauss dont on sait à quel point elles conviennent à la voix et au tempérament de la chanteuse finlandaise, les Brahms étonnants de subtilité psychologique (Die Mainacht) et les Britten plus rares du cycle On this island que Soile Isokoski chante avec la gravité et la véhémence requises (Nocturne), excellant dans les contrastes (Let the florid music praise !, Now the leaves are falling fast) sans pour autant oublier une certaine dérision (As it is, plenty). Les mélodies de Grieg sur des poèmes allemands furent aussi excellentes, la chanteuse passant du désespoir de Dereinst, Gedanke mein à la légèreté souriante de Lauf der Welt avec un naturel confondant. Les mélodies de Kuula, d’esprit post-romantique, d’une tonalité très nostalgique, ne déparent pas dans ce programme et constituent une belle découverte, dont une berceuse (Marjatan Laulu) où la chanteuse sut mêler étroitement douceur et révolte. Cinq mélodies de Strauss concluaient le récital avec un poignant Allerseelen, un Morgen nostalgique, porteur d’un timide espoir à peine perceptible et un Cäcilie rayonnant et passionné. Du très grand art.

Lecteurs, artistes, éditeurs, organisateurs de concerts, notre article vous a intéressé ?
Vous désirez lâ€â„¢insérer dans votre revue de presse ?

"Nous serons ravis de le voir mentionné sur votre site internet. Vous pouvez, sans autorisation préalable de notre part, en extraire de courtes citations, à la condition expresse quâ€â„¢un lien *fonctionnel* soit fait vers notre site.

En cas de citation sur un support papier, les noms de lâ€â„¢auteur et de notre site doivent être obligatoirement mentionnés.

Pour toute précision, nâ€â„¢hésitez pas à contacter notre rédaction : richard.letawe(at)classiqueinfo.com"

- Toulouse
- Théâtre du Capitole
- 16 mars 2009
- Edvard Gried (1843-1907), Sechs Lieder, op. 48
- Johannes Brahms (1833-1897), Die Mainacht ; Der Tod, das ist die kühle Nacht ; Das Mädchen spricht ; Meine Liebe ist grün
- Toivo Kuula (1883-12918), Jääkukkia ; Sinipiika ; Marjatan Laulu ; Purjein kuutamolla
- Benjamin Britten (1913-1976), On this island, op. 11
- Richard Strauss (1864-1949), Allerseelen ; Die Georgine ; Morgen ; Du meines Herzens Krönelein ; Cäcilie
- Soile Isokoski, soprano
- Marita Viitasalo, piano






Accueil | Contact | Plan du site | | icone statistiques visites | info visites 810797

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Récitals   ?

Site réalisé avec SPIP 3.0.16 + AHUNTSIC

Creative Commons License