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Récital de Ben Heppner à Garnier

mardi 3 février 2009 par Karine Boulanger
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Ben Heppner
DR

Un récital de Lieder et de mélodies décevant, un exercice dans lequel on n’attendait guère à vrai dire Ben Heppner.

L’art du récital, du Liederabend en particulier, est difficile tant il réclame d’équilibre, de dosage, d’attention aux mots et aux affects. Il ne faut que quelques secondes pour suggérer une atmosphère ou un contexte, et le chanteur doit être capable de toucher immédiatement l’auditeur, plus par l’émotion que par la performance vocale proprement dite.

Ben Heppner a proposé un programme axé sur l’amour (louange divine, amour idéal ou plus « ordinaire ») et la mort, pour conclure sur la joie de vivre, l’amour de la vie elle-même avec quelques mélodies italiennes. L’ensemble faisait se succéder Lieder (Schubert et Strauss), mélodies anglaises (Britten), puis françaises (Duparc) et italiennes (Bellini, Donizetti, Verdi et Puccini).

La déception vient en partie du manque d’affinité, ou plutôt de la difficulté du chanteur d’opéra à se plier à un format moindre, aux exigences élevées mais différentes de celles d’un rôle lyrique soutenu par l’orchestre. Le geste et le ton sont trop amples, l’expression trop générique et parfois marmoréenne (Schubert !) pour toucher simplement les spectateurs. Vocalement, le chanteur semble mal à l’aise, fatigué à ce stade de sa carrière depuis longtemps vouée aux grands rôles wagnériens qui semblent désormais peser sur la voix. Le haut médium et l’aigu restent presque intacts, rayonnants, le timbre juvénile, alors que les graves et le bas médium sont devenus ternes. L’intonation, notamment dans les piani et la messa di voce est plus qu’aléatoire, le passage des registres très exposé, et la vocalisation curieusement timide pour un ancien interprète d’Idomeneo (Su l’onda tremola).

Dans ces conditions, les faiblesses vocales ont terriblement handicapé le chanteur, jusqu’à un accident sur les ultimes mesures de Canto d’anime. La diction, impeccable en allemand, correcte en italien et en anglais, est malheureusement floue pour les mélodies de Duparc, aux voyelles trop atténuées. L’auditeur retiendra cependant quelques beautés fugaces, passés des Lieder de Schubert hors propos : un Zueignung où chanteur et pianiste semblent enfin se rencontrer, des Britten animés et joués avec humour (The choirmaster’s burial), un beau début de la Phidylé de Duparc, une mélodie délicatement phrasée de Bellini (Dolente immagine di Fille mia) et, finalement, une « bluette » livrée en « bis » qui touche enfin l’auditoire plus que toutes les autres œuvres.

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- Paris
- Palais Garnier
- 01 février 2009
- Franz Schubert (1797-1828), Dem Unendlichen ; Im Abendrot ; Gott im Frühling ; Die Allmacht
- Richard Strauss (1864-1949), Befreit ; Das Rosenband ; Du meines Herzens Krönelein : Zueignung
- Benjamin Britten (1913-1976) : Batter my heart ; The choirmaster’s burial ; Proudsongters
- Henri Duparc (1848-1933), Extase ; Chanson triste ; Le manoir de Rosemonde ; Phidylé
- Vincenzo Bellini (1801-1835), Dolente immagine di Fille mia
- Gaetano Donizetti (1797-1848), Su l’onda tremola
- Giuseppe Verdi (1813-1901), Brindisi
- Giacomo Puccini (1858-1924), Canto d’anime
- Ben Heppner, ténor
- Thomas Muraco, piano






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