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Rach3 par Vitaly Samoshko

dimanche 21 décembre 2008 par Richard Letawe
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Vitaly Samoshko
Frederique Debras © 2002

Chose rare quand le SOV s’y produit, le Singel d’Anvers était tout à fait rempli ce dimanche pour un concert qui, avec le troisième concerto de Rachmaninov en pièce de résistance proposait un programme alléchant et populaire.

En guise d’ouverture, une pièce du belge Karel Goeyvaerts, l’ère du Verseau, extrait de son opéra Aquarius. C’est une œuvre simple, motorique, bruyamment orchestrée, reposant sur un motif rythmique repris à satiété. Ce n’est sûrement pas une pièce désagréable à entendre, mais alors qu’elle repose sur des concepts astrologico-métaphysiques d’une grande complexité, le résultat est primaire et simpliste, accueilli avec une indifférence polie par un public qui est clairement venu pour entendre la suite du programme.

Le vrai début du concert est donc le concerto pour piano n°3 de Rachmaninov, joué par Vitaly Samoshko, toujours très populaire en Belgique, où il réside d’ailleurs, depuis sa victoire au Concours Reine Elisabeth de 1999. C’est sa troisième invitation au SOV, avec lequel il a joué dans un passé récent les premiers concerto de Rachmaninov et de Tchaïkovski, toujours à la satisfaction générale, produisant des prestations exemplaires. Il est d’ailleurs étonnant qu’un tel pianiste, au sommet de ses moyens musicaux, doué d’une réelle intelligence des textes, fasse une carrière aussi modeste, loin des rendez-vous les plus prestigieux, alors qu’il pourrait pourtant en remontrer à bon nombre de ses collègues plus médiatisés.

Sa prestation dans le Rach3 est encore une fois au dessus de tout soupçon, alliant technique impeccable et sonorité raffinée pour donner une interprétation forte, au lyrisme intense, au souffle romantique intense, la virtuosité du pianiste étant doublée d’une sobriété rigoureuse, dénuée de tout tape à l’œil. Aucun reproche à faire à cette exécution où les motifs d’émerveillement sont nombreux : souplesse et naturel des phrasés, précision des trilles, cadences ébouriffantes, et ce n’est pas une corde du piano qui casse dans le finale qui va troubler le virtuose, salué par les applaudissements d’une salle debout.

Jonas Alber qui dirige le SOV ce soir a enregistré l’ensemble des symphonies de Schumann avec l’orchestre de Braunschweig, qu’il a dirigé de nombreuses années. Menée d’un geste clair et précis, son interprétation de la « Rhénane » aujourd’hui est une belle preuve de sa compétence et de son sérieux. On est habitué dans Schumann à entendre un SOV, dirigé par Etienne Siebens, plus anguleux et plus transparent, bousculant les habitudes d’écoute. Ici au contraire, on a droit à une version très classique et équilibrée, qui séduit par sa franchise et son énergie, par un usage très intelligent du rubato (en particulier dans le premier mouvement), mais qui manque un peu de prise de risque, d’originalité et d’inspiration, malgré une bonne volonté évidente, et laisse peu de trace dans les mémoires, notamment dans un quatrième mouvement à l’amplitude assez faible et à l’ambiance un peu trop légère. L’orchestre se défend bien, et fournit une prestation très honorable, mais dont les finitions ne sont pas toujours soignées ; le son d’ensemble est assez épais mais agréable, et les cordes manquent d’homogénéité, avec des violons très fins, mais des altos et violoncelles qui manquent un peu de moelleux. Les cors se distinguent, mais par intermittence : belle tenue et dialogue subtil avec les bois dans le scherzo, mais quelques accrocs et duretés dans le Feierlich, décidément le mouvement le plus faible de cette interprétation satisfaisante et confortable, mais sans génie.

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- Anvers
- Singel
- 30 novembre 2008
- Karel Goeyvaerts (1923-1993), L’Ere du Verseau
- Sergei Rachmaninov (1873-1943), Concerto pour piano n°3 en ré mineur Op.30
- Robert Schumann (1810-1856), Symphonie n°3 en Mi bémol majeur Op.97 « Rhénane »
- Vitaly Samoshko, piano
- SymfonieOrkest Vlaanderen
- Jonas Alber, direction











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