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Quincena Musical de San Sebastian 2011 : Znaider/Fischer/BFO, Trio gagnant !

mercredi 14 septembre 2011 par Emmanuel Andrieu

Après un concert assez décevant la veille du point de vue orchestral, c’est un tout autre bonheur qui attendait le public le lendemain avec la venue du superbe Budapest Festival Orchestra qui offrait, sous la battue de son chef attitré Ivan Fisher, une captivante interprétation de la Symphonie n°8 de Dvorak. En première partie de concert, le talentueux violoniste danois Nicolaj Znaider a également enflammé le public avec une exécution enthousiasmante du Concerto pour violon de Brahms.

Question d’annoncer la couleur - tout en servant de mise en bouche - Ivan Fischer fait débuter le concert par les brèves Danses hongroises n° 7 et 10. D’emblée, l’auditoire est saisi par la franchise des attaques, par la variété des nuances et par la fabuleuse ductilité de la phalange hongroise, formation dont Fischer est à la tête depuis maintenant vingt-huit ans.

Puis c’est au tour de Nicolaj Znaider, colosse de près de deux mètres, de venir faire chanter son Guarnerius del Gesù, dans le célèbre Concerto pour violon de Brahms. Tour à tour, exalté, éloquent, charmeur, il subjugue autant que l’orchestre qui lui sert d’écrin. Au-delà d’une technique aguerrie et sans faille, c’est merveille d’entendre le lyrisme, le phrasé et les superbes nuances piano que le violoniste danois distille au moyen de son fabuleux instrument. Si l’Adagio possède toute la suavité attendue, l’allegro giocoso nous gratifie quant à lui d’une confondante virilité. Il offre en bis la Sarabande de Bach dont l’ineffable poésie suscite une intense émotion parmi l’auditoire…à en juger la qualité du silence qui suit !

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Ivan Fischer, Nikolaj Znaider
DR

Après l’entracte, Fischer offre une Huitième symphonie de Dvorak époustouflante. Porté par une réelle ferveur et une jubilation communicative de la part des musiciens, le chef hongrois délivre une lecture toute de légèreté et de luminosité. Comment résister au naturel, à l’énergie et à la chaleur qui se dégagent de cette interprétation magistrale ? L’emballement de la fin de l’Allegro ma non troppo, parfaitement maîtrisé par un orchestre capable ici de la plus grande délicatesse comme des plus tonitruants fortissimi, produit un effet absolument irrésistible de puissance souple subitement déchaînée. Déchaîné, c’est également l’adjectif qui convient pour décrire la réaction du public à la fin du concert. En remerciement, Fischer lui offre alors deux bis - la gymnopédie n° 1 de Satie, puis la valse Im krapfenwald de Strauss - qu’il annonce lui-même…en langue basque (!), finissant de ravir un public déjà pleinement conquis.

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- San Sebastian
- Kursaal
- 30 août 2011
- Johannes Brahms (1833-1897), Concerto pour violon en ré majeur Op. 77
- Anton Dvorak (1841-1904), Symphonie n°8 en sol majeur Op. 88
- Nikolaj Znaider, violon
- Budapest Festival Orchestra
- Ivan Fischer, direction











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