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Quincena Musical de San Sebastian 2011 : Une Neuvième de Beethoven en demie-teinte

lundi 12 septembre 2011 par Emmanuel Andrieu

Fêtant sa 72ème édition - ce qui en fait le plus ancien festival de musique classique d’Espagne - la Quincena musical de San Sebastian invitait pour son long week-end de clôture deux grandes phalanges européennes, l’Orchestre Symphonique de la Radio de Cologne (dirigé par Jukka-Pekka Saraste) et l’Orchestre du Festival de Budapest (dirigé par Ivan Fischer). Le 29 août, la première formation donnait à entendre la Symphonie n°9 de Beethoven.

En première partie de concert, on a pu entendre le chœur dont peut s’enorgueillir la ville, le fameux Orfeon Donostiarra, dirigé par son chef attitré J. A. Sainz Alfaro, dans une pièce écrite pour chœur mixte a capella par Arnold Schoenberg : Friede auf Erden (Paix sur la Terre). Créée au Musikverein de Vienne en 1911, cette pièce recourt à la dissonance et à la consonance, cherche la différenciation entre parties homophoniques et polyphoniques pour atteindre une vue allégorique opposant la paix idéale à l’absence de paix réelle. La première strophe du poème commence par un message de paix, les deuxième et troisième strophes relatent l’histoire du monde comme un temps de guerre, où subsistaient cependant la foi en la justice et l’espérance de paix, paix qui deviendrait réalité dans les générations futures… mais qui sera cruellement démentie seulement trois ans après la création de l‘œuvre !

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Kursaal San Sebastian
DR

Le second morceau entonné par l’Orfeon (mais accompagné cette fois par l’orchestre et dirigé par Saraste) est le magnifique Schicksalsied (Le chant du destin) de Johannes Brahms créé en 1871, d’après un poème de Friedrich Hölderlin. Divisé en deux parties, le texte oppose le bonheur des cieux avec la souffrance de l’humanité sur terre. Magnifique de cohésion et superbe d’émotion - alliant puissance et flexibilité - l’Orfeon subjugue de bout en bout.

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Orfeon Donostiarria ; WDR Sinfonieorchester Köln
DR

Point d’orgue de la soirée, l’universelle Neuvième Symphonie de Beethoven était donnée après l’entracte. Las, il faudra attendre le dernier mouvement, et l’intervention des quatre solistes puis du chœur, pour que la soirée décolle enfin. En effet, dès le premier mouvement, la baguette de Jukka-Pekka Saraste impose à son orchestre des tempi très discutables (pourquoi cette alacrité quasi martiale !). Evidemment, un tempo plus lent est bien plus difficile à tenir, le vrai génie étant de le réussir. Le chef finlandais se montre incapable de restituer toute l’ampleur, ni de caractériser tous les épisodes et les changements de climats qui font le sel du Molto vivace. On cherchera également en vain la douceur et la nostalgie escomptées dans le troisième... En fait, un vrai manque d’inspiration, d’unité, de vision - et de fâcheuses chutes de tension - viennent plomber sa direction jusqu‘au terme de cet Adagio. Mais, curieusement, dans le final, comme porté par un quatuor vocal superbe (avec une mention spéciale pour la basse Michael Volle), voire transfiguré par un chœur en état de grâce, la phalange allemande se reprend pour nous offrir une « Ode à la joie » qui s’avère un moment de pur bonheur musical. Cela dit, c’est la performance magistrale du chœur basque - prophète en son pays - qui récoltera à juste titre les applaudissements les plus nourris à l’issue du concert.

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- San Sebastian
- Kursaal
- 29 août 2011
- Arnold Schoenberg (1874-1951), Friede auf Erden Op.13
- Johannes Brahms (1833-1897), Schicksalsied Op.54
- Ludwig van Beethoven (1770-1827), Symphonie n°9 en ré mineur Op.125
- Susanne Bernhard, soprano ; Gerhild Romberger, Mezzo-soprano ; Christian Elsner, ténor ; Michael Volle, Basse
- Orfeon Donostiarria
- WDR Sinfonieorchester Köln
- Jukka-Pekka Saraste, direction






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