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Programme Haydn à Liège

mardi 4 mars 2008 par Richard Letawe
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Guther Herbig
DR

Gunther Herbig est un invité régulier de l’Orchestre Philharmonique de Liège, à la tête duquel il avait donné il y a trois ans une mémorable neuvième de Bruckner. Il revient cette saison pour deux concerts consacrés à deux compositeurs qu’il a beaucoup fréquentés et enregistrés, Haydn et Chostakovitch.

Le concert Haydn débute par la Symphonie n°7 « Le Midi ». Cette symphonie est au centre de la trilogie Le Matin-Le Midi-Le Soir, premier grand chef d’œuvre de Haydn, qui vient de débuter son contrat chez le prince Esterhazy. Haydn y expérimente le nouveau langage symphonique qui est en train d’apparaître, découvre les possibilités de son orchestre, et cherche à impressionner son nouveau patron par son inventivité et sa maîtrise.
Hybride entre le genre « classique » commençant et le style baroque finissant, la symphonie n°7 est une sorte de concerto grosso à grand effectif, qui nécessite des chefs de pupitre en pleine forme pour exécuter les difficiles solos du concertino (l’orchestre de la cour des Esterhazy comportait quelques uns des meilleurs virtuoses de leur temps, et Haydn ne s’est pas privé de les mettre en valeur). Le violon solo est l’instrumentiste le plus sollicité par l’œuvre, et Richard Piéta, concertmeister de l’OPL n’est guère à l’aise. Grinçant, un peu mécanique dans le premier volet, il donne un recitativo intense et stylé, mais commence à jouer faux à partir de l’Adagio, de plus en plus régulièrement. Les autres solistes sont en meilleure forme (on relève notamment un excellent violoncelliste dans le premier mouvement, la flûtiste également), mais on peut déplorer aussi chez eux une certaine timidité, ce qui rend l’écoute de cette redoutable symphonie globalement décevante.

L’œuvre suivante change radicalement de langage : plus question ici de réminiscence de la basse continue, on est dans le style classique, d’esprit galant même, mais les solistes sont à nouveau très exposés dans cette symphonie concertante pour violon, violoncelle, hautbois et basson. Encore un peu râpeux, le violon de Richard Piéta se reprend bien dans le premier mouvement, qu’il joue juste et avec délicatesse. Le mieux n’est malheureusement que passager, un gros écart à la fin de ce mouvement, la machine s’enraie, et les deux dernières parties seront franchement éprouvantes du point de vue de la justesse. De plus il entraîne dans sa chute Remy De Groote, le violoncelliste, ce qui fait que malgré la bonne tenue de Sylvain Kremers au hautbois et de Pierre Kerremans au basson, et le soutien attentif de l’orchestre, cette symphonie concertante est encore un échec.

Après la pause, la symphonie n°102 vient heureusement balayer toutes les frustrations, car Gunther Herbig s’y montre souverain, et obtient une réponse superlative de la part de l’orchestre. L’art de Gunther Herbig ne se situe pas dans l’excès et le tape-à-l’œil : son interprétation est toute de netteté, de clarté et de simplicité. L’effacement du chef derrière la partition semble total, au point qu’on pourrait presque écrire que le chef n’a pas de vision personnelle de l’œuvre. Il fait cependant ce qu’il y a de plus dur : en exalter la perfection, la grâce et la vitalité. Pas de recherche de l’effet ici, pas de mise en avant de détails, pas d’accent baroque ou d’alanguissement romantique ici, mais simplement l’évidence de la grandeur, de l’architecture et de la beauté de l’œuvre, d’un classicisme parfait.

Dans cette symphonie, l’OPL, très élégant, à la texture d’une transparence remarquable, se hisse tout entier à la hauteur de son chef. On les retrouvera volontiers ce vendredi dans une très attendue Symphonie Leningrad de Chostakovitch.

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- Liège
- Salle Philharmonique
- 28 février 2008
- Joseph Haydn (1732-1809), Symphonie n°7 en Ut majeur, Symphonie concertante en Si bémol majeur, Symphonie n°102 en Si bémol majeur.
- Richard Piéta, violon ; Rémy De Groote, violoncelle ; Sylvain Cremers, hautbois ; Pierre Kerremans, basson
- Orchestre Philharmonique de Liège
- Gunther Herbig, direction






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