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Lille

Portrait en deux concerts du Quatuor Renoir

Les Pianos du Nouveau Siècle
dimanche 18 novembre 2007 par Richard Letawe

L’Orchestre National de Lille organisait ce deuxième week-end de décembre la troisième édition des Pianos du Nouveau Siècle.

Evénement de grande envergure, successeur des Rencontres internationales Robert Casadesus, le festival présentait une affiche réunissant plus de trente pianistes de haut niveau, parmi lesquels une majorité de français, qui étaient programmés sur trois jours dans une demie douzaine de concerts avec orchestre, dans de nombreux récitals, et dans des œuvres de musique de chambre. C’est le Quatuor Renoir, en compagnie de différents pianistes, qui a assuré la majeure partie de la programmation chambriste. Le quatuor était sur la brèche ce samedi avec deux concerts à la suite, le premier avec un partenaire régulier, Jonathan Gilad. Ensemble, ils jouaient deux des plus beaux et ambitieux quintettes avec piano du répertoire, le second de Dvorak et celui de Schumann. Gilad et les Renoir donnent de l’œuvre de Dvorak une interprétation magistrale, qui conjugue le brio instrumental, la beauté des sonorités et l’élan rythmique. L’équilibre entre les parties est parfait, chaque instrumentiste faisant assaut d’énergie, de vivacité, et de soin apporté aux phrasés, très lyriques, et souvent teintés de nostalgie, notamment dans une Dumka intense et chaleureuse, à couper le souffle. Les interruptions entre les mouvements sont d’ailleurs ponctuées par des soupirs de contentement du public, bien conscient d’assister là à un grand moment de musique de chambre, et on entend même ça et là des « que c’est beau » chuchotés entre voisins.

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©Quatuor Renoir

Après cette version intense, pleine de panache et de brio de Dvorak, le quintette de Schumann est un peu moins enthousiasmant. Il n’y a rien à redire sur l’équilibre de la formation ou sur sa maîtrise technique, mais l’interprétation est très sobre, presque austère, et ce quintette aurait pu bénéficier de plus d’élan, de passion et de sentiment. On regrettera essentiellement un second mouvement assez neutre, dans lequel on ne sent pas vraiment les interprètes brûler de passion. Très maîtrisée et construite, cette exécution manque un peu trop de spontanéité pour approcher la réussite inoubliable du quintette de Dvorak.

Moins d’une heure plus tard, les Renoir reviennent dans la même salle, pour jouer cette fois un programme entièrement consacré à Mozart. Le laps de temps entre les deux concerts semble avoir été trop court pour recharger les batteries, car la brillante formation du premier concert peine maintenant dans le Quatuor n°23 de Mozart. L’intonation est moins assurée, le jeu d’ensemble est moins précis, et l’interprétation est froide, molle, sans mordant, et tout compte fait asse fastidieuse et très oubliable. On change ensuite de formation, avec l’arrivée de la pianiste Claire-Marie Le Guay pour le Quatuor KV 493. Assumant clairement la direction de l’ensemble, elle galvanise ses partenaires, qui renouent avec leur aisance du premier concert, pour donner une version très enlevée de ce quatuor. Le ton est très sérieux, un peu rigide dans l’allegro, mais cette raideur va laisser place à partir du larghetto à une respiration plus naturelle et souple, et les cordes prenant plus d’assurance, une véritable complicité s’instaure entre les deux groupes instrumentaux, qui va culminer dans un dernier mouvement ludique et théâtral, plein de charme et d’esprit.

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- Lille
- Nouveau Siècle
- 09 décembre 2006
- Antonin Dvorak (1841-1904), Quintette pour piano et cordes n°2 en la majeur Op.81
- Robert Schumann (1810-1856), Quintette pour piano et cordes en mi bémol majeur Op.44
- Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Quatuor à cordes n°23 en fa majeur KV590, Quatuor pour piano et cordes n°2 en mi bémol majeur KV493
- Jonathan Gilad (Dvorak, Schumann), Claire-Marie Le Guay (Mozart), piano
- Quatuor Renoir











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