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Philadelphia Orchestra et Charles Dutoit à Pleyel : des cordes comme s’il en pleuvait

lundi 26 septembre 2011 par Philippe Houbert
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Charles Dutoit
© Chris Lee

Deuxième orchestre américain de passage à Paris en ce début de saison après le Chicago Symphony Orchestra, le Philadelphia Orchestra, sous la baguette de son nouveau directeur musical Charles Dutoit.

Nous n’avions pas entendu l’Orchestre de Philadelphie en concert depuis de très nombreuses années et c’est bien l’excitation de les revoir qui constituait la seule motivation de ce concert, plus que la présence à sa tête de Charles Dutoit et un programme très convenu. Et pourtant ! L’Ouverture de Rousslan et Ludmilla de Glinka, brillant hors d’œuvre que l’on n’écoute généralement que d’une demie-oreille inattentive, permit de prendre immédiatement conscience d’une évidence : quelques années de Christoph Eschenbach à la tête de l’orchestre ne l’ont pas autant ruiné que celui de Paris. Quelles cordes mes aïeux ! Pas que des cordes brillantes et précises, mais un ensemble possédant une vraie personnalité, le genre de pupitres que l’on pourrait reconnaître immédiatement.

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Jean-Yves Thibaudet, Charles Dutoit, Philadelphia Orchestra
© Chris Lee

Le Concerto en sol de Ravel, avec Jean-Yves Thibaudet en soliste, confirma que nous avions devant nous un orchestre bien plus homogène que le CSO, aussi bien dirigé que cette œuvre puisse le permettre, avec un pianiste, généralement à l’aise dans ce répertoire français, mais encore plus en forme ce soir-là. Ceci nous donna un très beau premier mouvement, un deuxième pris dans le bon tempo par le pianiste, mais trop ralenti par Charles Dutoit (admirable solo de cor anglais, qui évita le numéro histrionique de mauvais goût) et finale mieux que correct, avec des cuivres confondant un peu Gershwyn et Ravel. Jean-Yves Thibaudet tint malheureusement à gâcher cette plutôt belle première partie en donnant un Intermezzo opus 118 n°2 de Brahms joué tout droit, sans subtilité, sans ambigüité rythmique, bref hors-sujet.

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© Chris Lee

La seconde partie était consacrée à la Symphonie fantastique de Berlioz, répertoire dans lequel Charles Dutoit donna de bien beaux enregistrement du temps de son mandat à Montréal. S’il serait malvenu de comparer son interprétation assez premier degré aux fulgurances que savent y mettre un Esa-Pekka Salonen ou un Colin Davis des grands soirs, il serait tout aussi malhonnête de faire la fine bouche sur une version parfaite de mise en place. Certes, toutes les transitions de Rêveries-Passions sont très convenues, mais quelle attention du chef aux équilibres fondamentaux, au respect des plans sonores si importants dans cette œuvre ! Les quatre autres mouvements furent de même qualité, à l’exception peut être de la Scène aux champs, pas assez habitée, trop peu fourmillante de ce qui se cache sous les lignes principales. Mais, aussi bien Un Bal que Marche au supplice et Songe d’une nuit de Sabbat montrèrent un orchestre de première classe, avec un quintette de cordes sans doute au niveau actuel du Concertgebouw et de Vienne, des bois admirables de tenue et des cuivres, certes moins brillants que leurs confrères de Chicago, mais peut être mieux intégrés à l’orchestre. En bis, Charles Dutoit tint à nous offrir un bon gros tube, avec la Valse de Maurice Ravel, donnée dans une vision plus traditionnellement française que celle entendue à Salzbourg (Mariss Jansons avec les Wiener Philharmoniker). Œuvre parfaite pour faire briller tous les pupitres, et ainsi fut-il ! Et dire que cet orchestre, de même que ses confrères américains, vit une période très difficile du fait de la raréfaction des financements privés qui amène ces phalanges à une situation de quasi faillite...

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- Paris
- Salle Pleyel
- 09 septembre 2011
- Mikhaïl Ivanovitch Glinka (1804-1857), Ouverture de Rousslan et Ludmilla
- Maurice Ravel (1875-1937), Concerto pour piano et orchestre en sol majeur
- Hector Berlioz (1803-1869), Symphonie fantastique
- Jean-Yves Thibaudet, piano
- Philadelphia Orchestra
- CharlesDutoit, direction











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