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Petri Sakari dirige un fulgurant Bruckner à Liège

mardi 26 février 2008 par Richard Letawe
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Petri Sakari
DR

Chaque année, l’Orchestre Philharmonique de Liège joue une symphonie de Bruckner. Pour les diriger, on a déjà entendu Gunther Herbig, Theodor Guschlbauer, et cette année, c’est Petri Sakari qui vient diriger la sixième, la plus courte, la moins jouée et la moins appréciée des symphonies de maturité de son auteur.

Elève de Jarmo Panula, Petri Sakari est un chef précis et sobre, qui ne s’encombre pas de religiosité et de métaphysique pour jouer Bruckner. Son approche du premier mouvement est directe et objective, il expose les lignes et la structure en pleine lumière, de manière posée et transparente, sans emballement, mais avec énergie et fermeté. Quelques passages secondaires sont un peu lapidaires, pas toujours habités, mais dans l’ensemble, ce premier mouvement très réfléchi est convaincant, et la coda est puissante, légère et excitante. La suite est encore plus belle, avec un Adagio simple, touchant, aux détails ciselés, ni trop langoureux ni trop sec. Les cordes de l’orchestre, souples et profondes, y sont sublimes de bout en bout, et la conclusion du mouvement est d’une légèreté surnaturelle.

Suit un Scherzo d’une extrême rigueur rythmique, un peu raide cependant, qui encadre un trio tout à fait détendu, d’une franche bonhomie. Le rapport de tempo entre le scherzo un rien pressé et le trio patelin est ici particulièrement judicieux. Enfin, Sakari mène le difficile et parfois long finale au triomphe, sans se désunir, et sans que les multiples épisodes lui fassent perde élan et énergie.

En première partie, Sakari dirigeait dans son arbre généalogique, Tapiola de Sibelius. Une lecture à la luminosité crue et à la tension effervescente, qui cloue l’auditoire à son fauteuil.

Encore une fois dans ce concert, l’OPL étonne par sa versatilité, et sa capacité à s’adapter à chaque répertoire. Il joue ainsi Bruckner avec un naturel confondant, et chaque pupitre répond avec maîtrise aux exigences de Bruckner : les cordes graves sont d’une puissance et d’un poids étonnant, les violons sont éblouissants, cors (quel trio !) et cuivres font un festival, et les vents, emmenés par un flûtiste à la sonorité sombre et au jeu plein de douceur, sont exemplaires.

Avec deux œuvres relativement peu populaires, le programme de ce soir n’était pas des plus payants. Il fut pourtant l’un des meilleurs de la saison, et (ayant laissé traîner nos oreilles à la sortie), le public semble en avoir été durablement impressionné, nous de même.

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- Liège
- Salle Philharmonique
- 22 février 2008
- Jean Sibelius (1865-1957), Tapiola Op.112 ; Anton Bruckner (1824-1897), Symphonie n°6 en La majeur
- Orchestre Philharmonique de Liège
- Petri Sakari, direction






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