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Abbeville

Pergolesi par les Muffatti

Festival des Cathédrales de Picardie
mercredi 28 novembre 2007 par Richard Letawe

Le Festival des Cathédrales de Picardie fête cette année ses vingt ans, et comme chaque année, visite les plus beaux édifices religieux de la région. Le programme de cette édition est équilibré, entre musiques ancienne et baroque, répertoire classique, et même une incursion dans les débuts du romantisme avec Mendelssohn et Schubert.

Le Festival faisait ici étape à Abbeville, dans l’église Saint-Sépulcre, à l’acoustique intéressante : précise, lumineuse et pas trop réverbérée.
C’est le napolitain Giovanni Baptista Pergolesi qui est à l’honneur ce soir, interprété par l’ensemble belge Les Muffatti, dirigé par Peter Van Heyghen, son chef depuis 2004.

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Les Muffatti
© Stéphane Puopolo - s t e p h a n e . p u o p o l o @ y u c o m . b e

C’est d’abord Sophie Gent la concertmeisterin de l’ensemble qui est sur la brèche, pour le concerto pour violon, cordes et basse continue en si bémol majeur, une des rares œuvres concertantes de son auteur à avoir été conservée. L’œuvre suit les canons du concerto baroque, avec des mouvements rapides qui alternent des tutti enjoués, auxquels participe le soliste, et des solo brillants et virtuoses. Le mouvement lent est court, de climat assez sombre, et réserve en son centre une prenante mélodie au violon solo. Avec son jeu plein de panache et sa sonorité fine et aiguë, Sophie Gent fait une très belle impression dans les deux premiers volets, qu’elle aborde avec simplicité et en assurant le cantabile avec maîtrise. Stridente, elle est plus fatiguée dans le finale, savonnant quelques traits, et laissant finalement une impression mitigée.

Le programme évoque ensuite la carrière lyrique de Pergolesi, avec la cantate Orfeo, pour soprano, cordes et basse continue. Cette cantate débute par un récitatif dans lequel la soprano est narratrice, décrivant Orphée au seuil des enfers, implorant de l’aide pour retrouver son aimée. Dans la suite, deux aria encadrant un récitatif, la chanteuse incarne elle-même le personnage principal. Les deux airs sont à la fois d’un grand charme mélodique et d’une grande puissance expressive, le premier éperdu et douloureux, le second, plus développé, et en trois parties est brillamment ornementé. La soprano Elena Cecchi Fedi va s’améliorant au cours de l’œuvre : un peu courte d’aigus dans le premier air, et affligée d’un vibrato très large, elle prend de l’assurance dans la suite, émettant des aigus plus sûrs et mieux projetés, et ornementant avec soin.

Le Stabat Mater, son œuvre la plus connue, avec lequel il a conquis sa gloire posthume est incontournable dans un concert consacré à Pergolesi. On l’entend donc ce soir sans surprise, mais avec beaucoup de plaisir, car la version proposée par les Muffatti est de haut niveau. Pour les chanteuses d’abord : Elena Cecchi Fedi, la voix bien chauffée maintenant, y est juste, lyrique et passionnée, alors que l’alto Alicia Berri est une véritable découverte. Son chant est droit, sans vibrato, et a un impact brut et direct assez inhabituel. De plus, le grave est richement timbré et dispense une belle lumière feutrée, et son implication ainsi que son entente avec sa consœur dans les duos sont remarquables.
Les Muffatti font preuve durant ce concert d’implication et d’énergie, et Peter Van Heyghen obtient d’eux une lecture franche, vive et très lisible. Les timbres sont savoureux, les couleurs des cordes chatoyantes et contrastées, malgré quelques stridences, et l’ensemble est virtuose, léger et très séduisant.

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- Abbeville
- Eglise Saint-Sépulcre
- 15 septembre 2007
- Giovanni Battista Pergolesi (1710-1736), Concerto pour violon, cordes et basse continue en si bémol majeur ; Cantata da camera Orfeo pour soprano, cordes et basse continue ; Stabat mater pour soprano, alto, cordes et basse continue
- Sophie Ghent, violon, Elena Cecchi Fedi, Soprano, Alicia Berri, alto
- Ensemble Les Muffatti
- Peter Van Heyghen, direction






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