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Liège

Paris, capitale de la symphonie

Nuits de Septembre
samedi 17 novembre 2007 par Richard Letawe

Les Nuits de Septembre avaient pour thème cette année Musiques en voyage. C’est assez flou, un peu fourre-tout, et on a du mal à trouver le lien unissant des concerts consacrés hier à la musique de scène nordique, aujourd’hui à la symphonie à Paris au XVIIIe siècle, demain aux madrigaux à Buenos Aires ou à Pergolesi.

Le public n’a pas semblé s’y retrouver, boudant littéralement le concert de ce dimanche soir, dont le programme très classique n’avait pourtant pas de quoi effaroucher. C’est donc devant une salle aux trois quarts vide, évoquant plutôt un concert de musique expérimentale, que se sont produits Les Agrémens, orchestre baroque de la Communauté française de Belgique, sous la direction de Guy Van Waas.

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Guy Van Waas
DR

Ils commencent leur programme par la symphonie en Ré majeur de Joseph Martin Kraus, œuvre en trois mouvements, qui fut éditée à Paris en 1786, sous le nom de Joseph Haydn. Il n’est pas étonnant que l’éditeur ait utilisé ce subterfuge pour mieux vendre la partition, car Kraus et Haydn, qui se sont rencontrés à Vienne, ont de nombreux points communs, par exemple leur goût pour l’expérimentation, pour les contrastes et les surprises, et la profonde influence qu’a eu sur eux le mouvement du Sturm und drang, se traduisant dans leur style par des brusqueries, une certaines raideur parfois, et des passages noirs et caustiques.
Cette symphonie en Ré majeur débute par un Allegro énergique, au charme mélodique limité, mais plein de tempérament, et aux effets sonores inventifs. Il est suivi par un Andante un poco largo qui semble sortir de la plume de Haydn : un marche à variations, à l’atmosphère assez inquiète, et au caractère plus actif que lyrique, qui est très proche des mouvements lents des symphonies n°83 ou 85. L’orchestration est très sobre : les cordes, le basson, et une flûte à laquelle sont réservées des interventions très élaborées et très poétiques. Le dernier mouvement est très déconcertant, avec son aspect morcelé, ses changements fréquents de rythme, et ses mélodies difficiles à cerner. D’aspect un peu brouillon et emporté, il contient presque assez d’idées pour faire le finale de plusieurs symphonies.

Pour suivre, le concerto pour flûte n°1 en Sol majeur de Mozart, dans une interprétation bien peu attrayante. Alors que les Agrémens étaient pleins de vie et de flamme dans Kraus, ils semblent tout à fait éteints, et proposent un Mozart flapi, anguleux et terne. Le flûtiste Michaël Schmidt Karsdorff, si brillant dans la première œuvre du programme est ici très doux, mais surtout très discret, et à la limite de la pâleur, et sa sonorité manque de rayonnement.
Troisième compositeur au programme, François-Joseph Gossec, prolifique auteur de symphonies, est ici illustré par la suite tirée des airs de ballet de sa tragédie lyrique Sabinus. Cette suite constitue un moment de détente agréable, malgré quelques longueurs. On en retient une orchestration variée et subtile, et des rythmes pittoresques et divertissants.

Le concert se termine par la symphonie n°85 de Haydn, intitulée la Reine, en hommage à Marie-Antoinette dont c’était la préférée parmi les symphonies parisiennes de son auteur. Guy Van Waas et son orchestre en réalisent une belle exécution, à laquelle le petit effectif et les instruments anciens donnent saveur sonore et lisibilité. Le premier mouvement est un peu sec et crispé, mais la suite est de toute beauté, avec un mouvement lent tout simplement parfait, au tempo juste et admirablement respiré, et aux phrasés simples et fermes. Le menuet est élégant, ni trop rustique ni affecté, et le finale est mené rapidement, avec classe et esprit.
En conclusion : un concert qui aurait mérité une meilleure affluence, malgré un concerto de Mozart passablement raté.

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- Liège
- Salle Philharmonique
- 09 septembre 2007
- Joseph Martin Kraus (1756-1792), Symphonie en Ré majeur
- Wolgang Amadeus Mozart (1756-1791), Concerto pour flûte n°1 en Sol majeur KV313
- François Joseph Gossec (1734-1829), Suite de Sabinus
- Joseph Haydn (1732-1809), Symponie n°85 en Si bémol majeur « La Reine » Hob. I/85
- Michaël Schmidt-Casdorff, flûte
- Les Agrémens
- Guy Van Waas, direction






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