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Parfums d’Italie

lundi 10 octobre 2011 par Vincent Haegele
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Myung Whun Chung
© Riccardo Musacchio

Pas de soliste invité, ce vendredi 07 octobre, ou plutôt près d’une centaine de solistes sur scène : les musiciens du Philharmonique de Radio-France, pour un concert sous forme de voyage de fantaisie dans l’Italie romantique de Mendelssohn, Berlioz et Rossini. Soit un programme romantique à souhait, des musiciens en pleine forme et une forme d’ensoleillement communicatif.

Si l’on en juge par tous les commentaires relevés ici et là, sous la plume de la plupart de nos collègues critiques, le Philharmonique de Radio-France est de toute évidence dans une forme excellente en ce début de saison, et d’après ce que nous avons entendu, il faut en convenir, le « Philhar’ » est au mieux : Svetlin Roussev dirige avec entrain, Hélène Devilleneuve irradie le pupitre des hautbois, Nadine Pierre celui des violoncelles, Adrien Perruchon marque le rythme... Bref, tous les éléments pour une bonne Symphonie n°4 de Mendelssohn sont réunis, mis à part l’élément qui fâche, la flagrante absence d’idées de Myung-Whun Chung, dont la présence s’inscrit résolument en filigrane.

Revenons toutefois sur l’articulation du programme : pour le moins que l’on puisse dire, celui-ci sort de l’ordinaire, en dépit de la figure régulière de Felix Mendelssohn : quand on y pense, Berlioz devient de plus en plus rare sur les scènes nationales (mise à part de la Fantastique, que l’on entend encore) et Rossini sert de plus en plus de caution à des ouvertures de concert pâlichonnes. Mais on aimerait entendre plus souvent des ouvertures de Guillaume Tell données avec un tel dynamisme à l’orée d’un concert déjà bien rempli. Et tel a été le cas.

Les trois extraits du Roméo et Juliette qui ouvrent le concert donnent le ton général de la soirée : ça se tient bien, cela sonne bien, la clarté prédomine et pourtant, que cette partition abonde d’idées lancées en tous sens, d’interjections brusques et d’inspirations d’un prime abord brouillonnes, mais seulement en apparences. Le Philharmonique de Radio-France attaque avec un rien de nervosité la très difficile première phrase confiée aux seuls premiers violons : cela craque un peu de tous les côtés, mais la reprise par les altos permet de reprendre pied ; c’est ensuite une très belle promenade dans Vérone ensommeillée. Le Scherzo de la Reine Mab demeure de loin le meilleur mouvement, tant pour la prise de risque des cordes (splendide abattage) et la gourmandise des bois.

Cette première approche d’une Italie médiévale rêvée par Berlioz connaît un nouveau développement avec la Symphonie « Italienne » de Mendelssohn, un passage quasi obligé. On rappelle qu’un critique a eu un jour un mot fameux pour comparer les descriptions italiennes de Berlioz et Mendelssohn : le premier fait la fête au milieu de la foule du carnaval, le second observe la scène depuis son balcon. Dans un sens, cette logique est parfaitement mise en application avec l’interprétation léchée et soignée de cette symphonie. Aucune surprise à attendre, mais un grand bonheur pour ce qui concerne la cohésion des pupitres et l’engagement collectif : les altos du Philhar’ se passent décidément de qualificatifs. Le sommet est certainement atteint dans le mouvement lent, aux résonnances fraîches comme une paroi d’église ancienne.

Non, décidément, peu de choses tranchent dans ce récit, si ce n’est que l’orchestre aurait très bien pu se passer de toute direction et se contenter de celle, pour les attaques, de Svetlin Roussev ; ce n’est pas par jeu d’esprit que nous concluons sur ce point, mais parce que le répertoire permettait cette manière de procéder. Qu’en est-il, par exemple, dans une symphonie de Bruckner ? La réponse est nettement moins aisée. Quoi qu’il en soit, il est toujours agréable d’entendre une telle cohésion dans un orchestre français, lequel n’a absolument pas à rougir de la comparaison avec d’autres ensembles d’envergure.

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- Paris
- Salle Pleyel
- 07 octobre 2011
- Gioacchino Rossini (1792-1868), Ouverture de Guillaume Tell
- Hector Berlioz (1803-1869), 3 scènes de Roméo et Juliette
- Felix Mendelssohn Bartholdy (1810-1847), Symphonie n°4 en La majeur Op.90 Italienne
- Orchestre Philharmonique de Radio-France
- Myung-Whun Chung, direction






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