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Orfeo ed Euridice à Tourcoing

jeudi 13 décembre 2007 par Richard Letawe

En ce jour d’élections, le Théâtre municipal de Tourcoing était fort bien rempli pour Orfeo ed Euridice de Gluck, dernière production de la saison pour l’Atelier Lyrique de la ville.

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© Danièle Pierre

Mise en scène et chorégraphie sont signées par Roser Monttlo Guberna et Brigitte Seth, de la Compagnie Toujours après minuit. Dans des décors minimalistes mais éclairés par de belles lumières, on assiste à un spectacle qui est agréable à contempler, mais qui ne soutient pas vraiment l’attention, et qui laisse peu de souvenir. Les chanteurs sont assez statiques, les chorégraphies sont sensuelles mais assez convenues, et leur rapport avec l’action n’est pas évident. Peu d’images fortes et prenantes, mais un sentiment général de douceur et de clarté (les Enfers ont rarement paru si colorés et accueillants), qui permet de s’évader en se concentrant sur la musique.

Le plateau vocal est dominé par Philippe Jaroussky, qui est un Orfeo humain, émouvant et bien chantant. Abordant des rôles à la tessiture plus centrale que lors de ses débuts, le contre-ténor offre désormais une coloration vocale un peu moins brillante, mai plus étendue et plus variée. Son timbre séraphique garde sa dominante argentée et sa luminosité, mais acquiert de la substance et de la profondeur, avec un médium et des graves plus étoffés. En contrepartie, les aigus sont un peu plus épais, et moins insolents. Philippe Jaroussky met cette belle voix au service d’une expression raffinée, au chant nuancé et superbement phrasé. Il donne une interprétation assez distanciée, esthétiquement très belle, mais qui manque un brin de fièvre, d’engagement, pour être anthologique. Ainsi, son air emblématique « Che faro senza Euridice « est beau et émouvant, mais plus récité que vécu, et on sent que le chanteur garde encore une réserve expressive. Néanmoins, d’un strict point de vue vocal, Philippe Jaroussky est d’ores et déjà un Orfeo majeur, qui aura certainement l’occasion à l’avenir d’approfondir ce rôle. A ses côtés, Ingrid Perruche est surprenante. Elle qui est parfois un peu acide, trouve en Euridice un rôle à la vocalité plus centrale, qu’elle assume avec aisance. De plus, elle est la seule à avoir réussi à donner une présence scénique et charnelle, autant que vocale, à son personnage. Quant à Olga Pitarch, elle est un Amore très appréciable, à la voix corsée, et au chant simple et bon.

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© Danièle Pierre

Contrairement aux habitudes tourquennoises, la partie chorale n’est pas assurée par le Chœur de Chambre de Namur, mais par l’Ensemble Vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing. La prestation de ces jeunes chanteurs est très honorable, même si on regrette la virtuosité, la beauté de timbres et l’égalité des choristes belges. Pour cette représentation, Jean-Claude Malgoire le maître des lieux a laissé la direction à son assistant Emmanuel Olivier. Celui-ci dirige de façon éruptive, et parfois imprécise, un orchestre fourni, aux solistes brillants, mais dont les cordes manquent comme souvent, un peu de cohésion et de concentration.

L’avant-programme de la prochaine saison de Tourcoing a été présenté : outre de nombreux concerts, les productions lyriques mettront Rossini à l’honneur, avec une reprise du Barbier de Séville et une version de concert de Ciro in Babilonia, ainsi que Haendel, avec Orlando.

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- Tourcoing
- Théâtre Municipal
- 06 mai 2007
- Christoph Willibald Gluck (1714-1787), Orfeo ed Euridice
- Mise en scène et chorégraphie, Roser Monttlo Guberna et Brigitte Seth
- Orfeo, Philippe Jaroussky ; Euridice, Ingrid Perruche ; Amore, Olga Pitarch
- Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
- La Grande Ecurie et la Chambre du Roy
- Emmanuel Olivier, direction











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