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Orange à l’heure Russe

mardi 25 août 2009 par Cyril Brun
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Simon Trpceski
© Jillian Edelstein/EMI

Certes il n’était pas évident de remplacer Hélène Grimaud. Du reste remplace-t-on Hélène Grimaud ? Mais le moins que l’on puisse dire est que cette soirée de remplacement ne fut pas convaincante.

Faisons toutefois abstraction de l’ombre de la pianiste qui inévitablement planait, pour nous concentrer sur ce concert comme s’il était voulu pour lui-même. Malheureusement, il ne fut guère convaincant, et surtout l’empreinte russe faisait cruellement défaut. La foire de Sorotchintzi fut une simple juxtaposition de thèmes sans unité et à l’image de l’entrée trop frappée des flûtes sur un final qui laissa pantois le public. La technique est là, on ne peut pas dire le contraire, mais la conviction fait défaut. C’est la même constatation qui prévaut pour le Concerto n°2 de Rachmaninov, comme du reste pour l’ensemble du concert. Mais à ce concerto, il faut ajouter un déséquilibre entre l’orchestre et le piano souvent noyé. Les violoncelles très rugueux, les vents juxtaposés, les altos en dehors, un orchestre qui ne souligne pas tout à fait la partie de piano, des accents de cors relativement mous, des trompettes et timbales en dehors et totalement indépendantes nous ont conduit inévitablement vers un final sans ensemble dont était absente toute l’accentuation rachmaninovienne. Le deuxième mouvement s’ouvrit sur une entrée très sèche des cordes, sans rapport avec le silence qui précédait. Toujours aussi frappées dans leur entrée, les flûtes très indépendantes ne se tissaient pas dans le jeu du piano ni dans le beau tapis de cordes. Le piano lui aussi très sec ne fut pas rehaussé par le soubassement de clarinettes elles mêmes distantes des pizzicati. Aucune continuité dans la construction orchestrale au point que le passage plus animé consomma la distance de style entre le soliste et l’orchestre, conduisant à un inévitable manque d’ensemble, des ritenuti pesants, approximatifs et des soufflets peu vivants. Le troisième mouvement ne fut pas mieux servi, avec des appels de cors peu homogènes avec le pianiste, confirmant cette juxtaposition générale atteignant le soliste lui-même. Dans cette approximation générale, les cors frappaient leurs entrées, tandis que les syncopes et les tutti se chevauchaient mollement, pour parvenir à un final réellement laborieux.

La Marche slave de Tchaïkovski fut traitée pareillement. Manque d’homogénéité, pas d’allant ni de tonicité ; sous la partie de flûte, les cordes sont très molles, la percussion très sèche donne le ton martial pour des appels de cuivres sans nuances et une entrée de marche frappée. Une interprétation pompeuse, bien loin de l’esprit slave, sans ensemble et très décousue où les cuivres ont brillé par leur manque de rythme accentuant les nombreuses lourdeurs qui traînaient un peu partout.

Les tableaux d’une exposition furent bien évidemment de la même veine pompeuse et lourde. Une promenade écrasée, des trompettes à bout de souffle, un rythme sans rigueur, des flûtes d’une justesse relative, ont fait de ces tableaux une exposition caricaturale d’à peu prés et de menues imperfections qui au final ont transformé l’agréable promenade en un revue militaire de second ordre. Il est dommage qu’un orchestre de ce niveau ait ainsi négligé une scène comme celle d’Orange. C’en était presqu’irrespectueux. Mais la direction et la compréhension des œuvres du jeune Eivind Gulberg Jensen n’est peut être pas étrangère à ce marasme

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- Orange,
- Théâtre antique
- 03 août 2009
- Modest Moussorgski (1839-1881), La foire de Sorotchintzhi, ouverture
- Sergei Rachmaninov (1873-1943), Concerto pour piano et orchestre n°2 en ut mineur, op. 18
- Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893), Marche slave, op. 31.
- Modest Moussorgski, Tableaux d’une exposition.
- Simon Trpceski, piano.
- Orchestre national de France.
- Eivind Gulberg Jensen, direction






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