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Orange 2009 : I Pagliacci et Cavalleria Rusticana

lundi 24 août 2009 par Olivier Lalorette
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© Philippe Gromelle

Suffit-il d’aligner des stars du répertoire lyrique pour réussir un grand spectacle ? A l’écoute du célèbre diptyque vériste, représenté ce soir au Théâtre antique d’Orange, la réponse est sans conteste négative.

Côté fausse, c’est George Prêtre et un Orchestre National de France pour le moins méconnaissable. Le pupitre des cuivres n’est tout simplement pas en place. Plus grave, il manque une vision d’ensemble, et le lyrisme pourtant si présent dans ces deux œuvres est absent. Le tempo, d’une extrême lenteur attenue toute la tension du drame, et pose des problèmes aux chanteurs.

La mise en scène, n’est certes pas un exercice facile à Orange, mais celle de Jean-Claude Auvray est sans aucun doute une des plus ratées de ces dernières années (et tout particulièrement dans I Pagliacci). Cavalleria Rusticana se résume à un immense chapelet traversant la scène du théâtre antique, et à un incessant défilé de choristes, donnant presque le tournis, hachant beaucoup l’action. Pagliacci arbore pour seul décor, le titre de l’œuvre, en plus de l’inévitable roulotte.

C’est dans ce contexte que les chanteurs doivent évoluer. Si la discographie prouve que Roberto Alagna fut un Canio très bien chanté et incarné, le propos est hélas à nuancer aujourd’hui. Si le timbre est toujours séduisant, le haut de la tessiture est de plus en plus incertain et tendu. Il semble évident que la difficulté d’enchaîner ces deux rôles n’est pas pour arranger la situation, pas plus que le tempo meurtrier du chef. Le baryton coréen Seng-Hyoun Ko se contente de récite son Alfio, son Tonio étant un peu plus incarné. C’est d’autant plus dommage que ce chanteur possède indéniablement une fort jolie voix, puissante, et riche en harmoniques.

Béatrice Uria-Monzon semble bien plus inspirée par Carmen (qu’elle chanta l’année dernière en ce lieu) que par Santuzza. Vocalement le désagréable vibrato qui a envahi la voix de la mezzo est de plus en plus présent. Inva Mula est une Nedda bien chantante mais sans caractère. Reste l’élégant Silvio de Stéphane Dégout, et l’honorable Beppe de Florian Laconi.

Si le public a salué poliment cette soirée, il faut bien avouer que la magie ne prend pas, et que certains spectateurs pourront rester amers.

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- Orange
- Théâtre Antique
- 01 août 2009
- Pietro Mascagni (1863-1945), Cavalleria Rusticana, opéra en 1 acte
- Ruggero Leoncavallo (1857-1919), I Pagliacci, opéra en 2 actes
- Mise en scène, Jean-Claude Auvray ; Costumes, Rosalie Varda ; Lumières, Laurent Castaingt ; Scénographie, Bernard Arnould
- Turiddu / Canio : Roberto Alagna ; Alfio / Tonio : Seng-Hyoun Ko ; Santuzza : Béatrice Uria-Monzon ; Nedda : Inva Mula ; Mama Lucia : Stefania Toczyska ; Silvio : Stéphane Degout ; Lola : Anne-Catherine Gillet ; Beppe : Florian Laconi
- Chœurs des opéras régionaux.
- Orchestre National de France
- Georges Prêtre, direction











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